Paul Otchakovsky-Laurens

07 janvier 2018, 14h54 par Christine Montalbetti

Écrire une ligne en pensant (en sachant) qu'il ne la lira pas.
C'est étrange, et presque impossible.
On écrit toujours pour d'autres.
J'ai toujours écrit pour d'autres.
Pour mon compagnon, premier lecteur.
Pour Paul.
Quand je tape une phrase, qu'elle se forme sous mes doigts, j'anticipe leurs réactions.
Les phrases sont aussi des choses que j'offre.
Ne plus pouvoir les lui offrir, c'est cela qui est incompréhensible.
Sa finesse extrême.
L'adjectif délicieux, une personne délicieuse.
L'enfance de son sourire.
Et il m'avait redonné ma voix.
Moi qui à cause d'un deuil violent l'avait perdue pendant des années.
Il me l'avait redonnée, il l'avait accueillie, et par cet accueil il l'avait encouragée.
Il m'avait sauvée.
Merci, Paul.

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