L'Homme qui a vu l’ours   

Reportages et autres articles 1980-2005

Jean Rolin

Il fallait rassembler cette partie de l’œuvre de Jean Rolin afin de la rendre visible, afin que l’on voie un peu mieux, un peu plus complètement, le talent de ce grand reporter écrivain et, tout ensemble, la diversité de ses centres d’intérêt, la manière si personnelle qu’il a de rendre passionnants tous les sujets qu’il aborde, son génie descriptif et topographique.
On lira donc plus de 1000 pages d’une véritable encyclopédie de la curiosité et du regard sur autrui, qu’il soit humain ou animal, sur le monde. Il n’est guère de région de la terre qui n’ait reçu ce voyageur infatigable et son regard si lucide, si peu complaisant,...

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Jean Rolin

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Jean Rolin, l'homme qui regarde


Il est écrivain, auteur notamment de la Clôture, de Terminal Frigo, ouvrages mi-documentaires mi-rêveurs dans les pages desquels il ausculte le monde d'aujourd'hui, les hommes à la dérive. Mais Jean Rolin est aussi reporter, et ce sont des articles écrits vingt-cinq années durant que publient aujourd'hui les éditions P.O.L, sous le titre L'Homme qui a vu l'ours. Un beau et gros volume, mille pages passionnantes. Rencontre.


Il est écrivain, il fut et demeure journaliste – en fait, le mot « reporter » a sa préférence entre les deux. Après tout, il s'agit, dans l'un et l'autre cas, pour lui, de regarder le monde, et de décrire ce qu'il voit. C'est même là la marque de fabrique de Jean Rolin : ce regard attentif et, dans l'étape suivante, celle de l'écriture, une précision, une minutie, une rigueur presque aride qui distille un effet presque envoûtant, guère éloigné de ce qu'on peut ressentir face à l'œuvre d'un plasticien hyperréaliste.

Tout de même, écrire des articles, écrire des livres, ce ne doit pas être tout à fait la même chose n'est-ce pas. La question, Jean Rolin l'a entendue mille fois, mais il n'a jamais vraiment pu, ou su y répondre. Peut-être l'écrivain s'offre-t-il le luxe du temps, que le reporter, lui, ne peut souvent s'octroyer. Peut-être se permet-il davantage de mêler au réel sa propre rêverie, ses obsessions, empruntant pour cela à l'Histoire, à la mythologie, à sa mémoire familiale. Peut-être…

Si Jean Rolin ne sait pas répondre, c'est peut-être au lecteur de le faire, et de se trouver finalement à la même impossibilité : il n'y a pas si loin entre l'écriture de Zone, de La clôture, de Terminal Frigo, promeneur inlassable des franges urbaines sans grâce, des zones industrielles et portuaires, et le reporter dont vingt-cinq années de travail viennent de se voir rassembler, dans un gros et beau volume titré L'homme qui a vu l'ours. Un titre qui n'est pas un hasard : il y bel et bien des ours, dans le livre – et c'est même un sujet récurrent. Des ours un peu partout à la surface du globe, des Pyrénées au Caucase, et aussi des pandas de Chine, des tigres dans le delta du Gange, des squales en Somalie, des écureuils au Cap d'Antibes, ainsi que des crustacés appelés vulgairement « pouces-pieds » qui sèment la zizanie dans le golfe du Morbihan…

Les animaux, et la mer sous toutes ses occurrences – ports, océans, bateaux de toutes tailles, marins de toutes origines -, voilà pour les obsessions de Jean Rolin. Mais au fil des décennies, en cette fin de XXe siècle qui a vu l'homme parcourir le monde pour le compte de divers journaux, quotidiens ou autres, on a pu le croiser souvent en Afrique, en Pologne à l'heure où s'ébrouer les chantiers de Gdansk, au Proche-Orient, en Afrique du Sud, dans les Balkans calcinés… Parfois des zones en guerre, mais pas toujours, et même pas si souvent que cela. Là n'est pas la spécialité de Jean Rolin : sur la vie ordinaire, il y a tant à dire… Et il le fait, tout en nuances.


Nathalie Crom, La Croix, 30 mars 2006


Qu'on les avale en une nuit ou qu'on les savoure pour un trajet au long cours, rien n'y fait : on est saisi par ces mille pages batailleuses, livrées dans le désordre du calendrier qui a marqué les pas de son auteur. Parfois trop fleuris, mais sans bavardages excessifs, ces Reportages et autres articles (1980-2005)sont ceux d'un voyageur impénitent dont l'œil pénétrant s'est exercé aux passages des frontières. Mais que voit-il ? À peu près tout. Et surtout, que rien ne tient en place. Des bas-fonds des mégalopoles au transit de l'or de Dubaï aux Indes, des chantiers de Saint-Nazaire aux zoos des villes du globe, c'est un monde de chaos, où la liberté se confond avec l'anarchie et où la loi de la piraterie règne sans partage. La « grande maladie, l'horreur du domicile » trouve ici l'un de ses plus brillants émissaires.


Benoît Laudier, Figaro Magazine, 1er avril 2006



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