ma haie   

(Un privé à Tanger II)

Emmanuel Hocquard

Petit, j’étais désordonné, mais désordonné comme il n’est pas possible de l’être. J’étais champion toutes catégories de désordre. Ma mère disait que le désordre dans ma chambre était à l’image du désordre dans ma tête. Et elle avait raison. J’en ai beaucoup souffert. Toutes mes tentatives de rangement se sont toujours soldées par des échecs épuisants, physiquement et moralement. En dépit de mes efforts pour mettre de l’ordre dans ma tête via ma chambre, je ne suis jamais arrivé à rien parce que je ne parvenais pas à concevoir un principe d’ordre satisfaisant. Et...

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 Emmanuel Hocquard

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Traductions

Brésil : Luna Parque Edicoes (Anthologie extraits de Ma Haie et Un privé)

La presse

« Mon intention ? Une intention de pauvreté. » Son travail poétique passe ainsi par une simplification de la syntaxe, un recours très systématique à l'indicatif présent. Ses énoncés sont des constats, non des regards. Leur but n'est pas de représenter mais de présenter. « Qu'est-ce qui vide un nom de sa substance ? », demandait-il dans un des sonnets de Un test de solitude. Peut-être justement ces vers fragmentés, où apparaît une réalité nue, peuplée de choses idiotes, vaguement étrangères et toujours frontalement désignées. Cette pauvreté est un voeu d'objectivité. Volontairement désincarnée, elle se passe de tout ce qui fait de la langue le corps d'une pensée. Si Hocquard refuse les séductions de la musique, c'est bien parce qu'il entend « déchanter », « désenchanter », « rompre le charme » que la littérature entretiendrait. […] L'œuvre d'Emmanuel Hocquard peut se lire comme une ascèse. Sa résonance est réelle.


Le Monde, 30 mars 2001


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