Sarabandes, passacailles, naïades en bikini   

Marc Cholodenko

Est-ce l’érotisme de la langue ou celui de situations et d’images mystérieusement évoquées dans le texte qui donne à ce petit livre le rythme d’une fugue ? Séduction, voyeurisme, pornographie. On y croise entre autres apparitions les demoiselles d’un concours de Miss en talons hauts et maillot une pièce, affublées de noms obscènes, les peintres Le Lorrain, Manet, Sol LeWitt, ou encore les Nuits de Cabiria de Fellini, Mae West, Ophélie, un empereur mongol… Mais on y entend aussi des propos salaces, des paroles rapportées, une cantate de Bach, une ballade irlandaise, ou les cris de la jeune garde en 68 à la Mutualité… Et surtout on doit se rendre à un...

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Marc Cholodenko

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La presse

Lignes d’inconduite


Marc Cholodenko construit son livre comme un roman photo aux éléments toujours érotiques mais tout autant diversifiés. Le tout pour de souveraines et adorables évidences qui se passent d’images. La langue dans sa sensualité les remplace dans une séries de pompes et de circonstance où séduction, voyeurisme, érotisme et pornographie se mêlent.
Le lecteur va croiser des demoiselles en talons hauts et maillots de bains (une pièce). Elles sont égratignées de noms obscènes. Mais il y a aussi des peintres (Le Lorrain, Manet, Sol LeWitt), un film de Fel­lini (Les Nuits de Cabiria), Mae West, Ophélie et pour couronner un empereur mongol qui n’a rien de mongolien même si la tête lui tourne.
Mais l’écriture ne se contente pas d’une visualisation. Elle est sono­ri­sée par des propos tendancieux, des cancans et une cantate (de Bach). Elle s’accompagne d’une ballade irlandaise et des cris de la révolte de 68 avant que nous soyons invi­tés à un dîner au Ritz au bras (ou presque) de la pia­niste Martha Argerich.
Cho­lo­denko s’amuse et "fait style" pour ani­mer ses vignettes. Le texte n’adhère que partiellement aux appa­rences du monde qu’il évoque. L’auteur décale le motif, provoque un décrochement visuel et — en écho — ver­tiges et fas­ci­na­tions. Sont atteintes une forme de per­fection littéraire et une ouver­ture de lignes d’inconduite avec les coups de pied de l’âne qu’accorde l’iconoclaste à ses (re)connaissances paradoxales.


Jean-Paul Gavard-Perret, Lelittéraire.com, août 2019

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