Compile   

Christian Prigent

Quelques échantillons d’écrits (un livret) :

- de Commencement (1989) : « L'Écriture, ça crispe le mou » (début du chapitre IV)

- de Une phrase pour ma mère (1996) : « Ainsi je commence une phrase… » (incipit du livre)

- de Grand-mère Quéquette (2003) : « La Voix qui sort des cabinets » (début du chapitre II), « Je crains… » (extrait du chapitre IV), « Dernière accolade » (extrait du chapitre. VII)
- de Demain je meurs (2007) : « Papa n'est pas...

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Christian Prigent

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La presse

Une drôle de voix

Dans Compile, Christian Prigent expose sa conception de la performance poétique en même temps qu'il la fait entendre.

Début 2010, Jacques Roubaud a publié un article pour témoigner de sa confiance dans la pérennité de la poésie, dans lequel il polémiquait sur ce qu'on nomme les performances poétiques (orales et scéniques), qui, selon lui, risquent d'occulter le véritable lieu de la poésie, c'est-à-dire le livre (voire l'écran), qui " se fait avec les mots".

Compile, que publie ces jours-ci Christian Prigent, est une forme de réponse à Jacques Roubaud, même si ce recueil ne se réduit pas à cela. En quelques pages, Christian Prigent souligne combien la poésie excède le mot, et rappelle les liens qu'elle entretient avec la voix, le corps, la langue. En outre, ces performances poétiques s'inscrivent, note-t-il, dans une histoire "déjà ancienne, complexe, riche, formellement inventive, intellectuellement documentée, théoriquement pensée", de Kurt Schwitters, Antonin Artaud, jusqu'à aujourd'hui avec Bernard Heidsieck, Nathalie Quintane ou Charles Pennequin. Auxquels il faut ajouter Christian Prigent, qui, précisément - et c'est là l'objet essentiel de Compile - , expose ici sa conception de la poésie orale, en même temps qu'il propose de constater "sur pièce", grâce à un CD inclus dans le livre, qui contient sept enregistrements de lecture.

Pour Christian Prigent, la performance suscite " une forme particulière d'apparition" du texte (celui des sept lectures étant reproduit dans Compile, comme un livret). Cet exercice particulier qu'est la lecture met en relief la "trace sonore et rythmique du geste spécifique appelé écriture". C'est "la voix-de-l'écrit", qui se distingue de la voix organique de l'auteur. Ce faisant, elle cherche à percer le "mur du symbolique, c'est-à-dire le réseau toujours déjà constitué des significations qui représentent pour nous le monde". Autrement dit : à dépasser les clichés. "Cette traversée, ajoute Prigent, exige une énergie voire une violence : la violence qu'il faut pour échapper au lieu dit commun et affirmer la singularité d'une écriture."

C'est pourquoi les lectures auxquelles procède Christian Prigent s'éloignent du naturalisme. Dans les extraits de Grand-Mère Quéquette et Demain, je meurs (POL, 2003 et 2007), Prigent n'interprète pas, mais révèle les forces telluriques qui forment les soubassements de son "phrasé", rythmes et souffles primaires, heurtés, free, musiques outrée et incisive à la fois. Dans les lectures à deux voix que le poète partage avec Vanda Benes s'ajoute une dimension ludique, lutine, un esprit pied-de-nez impertinent. N'en déplaise aux (faux) puristes, la poésie est aussi un spectacle.

Chrisophe Kantcheff,Politis, 9 juin 2011.

Agenda

Le jeudi 16 janvier 2020, à 19 h
Christian Prigent à l’auditorium MIR (Rennes)

Auditorium MIR

7 Quai Chateaubriand, Rennes

Gratuit

Réservation conseillée : 02 99 51 33 32

Contact : Maison de la Poésie de Rennes

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Le mercredi 29 janvier 2020, à 18h30
Christian Prigent à l'ENS de Lyon

ENS de Lyon

15 parvis René Descartes, 69007

Contact : 04 72 72 80 00

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Et aussi

Christian Prigent, Grand Prix de Poésie 2018 de l'Académie française
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