Mon père m’a donné un mari   

Emmanuelle Bayamack-Tam

Un père et une mère parlent de leur fille : Alexandrine, seize ans. Ce pourrait être une conversation normale, mais Alexandrine ne l’est pas et il se peut que le couple parental ne l’ait jamais été non plus. Leurs inquiétudes portent essentiellement sur la vie sexuelle future d’Alexandrine... Le dénouement, comme toujours, est un escamotage qui dérobe heureusement à nos yeux les protagonistes de la farce.


Mon Père m’a donné un mari reprend, en le caricaturant, l’argument des comédies classiques : des parents prennent en main la vie amoureuse de leur fille. Sauf qu’il ne s’agit plus d’arranger un mariage mais d’organiser un...

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Emmanuelle Bayamack-Tam

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«L’identité sexuelle est litigieuse chez tout le monde»


La poésie révèle la vie : conscience, révolte, beauté, amour. L’enfant Kimberly, dite Kim, découvre très tôt Baudelaire, «le seul Charles qui vaille». D’autres suivent : Rimbaud, Hugo, Boileau, Villon. Ils l’animent et l’éclairent dans les situations les plus violentes de la vie. Ces situations sont décrites avec une élégance et une férocité d’autant plus comiques qu’elles ne sont pas drôles.


Kim vit dans une famille nombreuse dont les parents sont des bêtes égoïstes. La mère a un bec-de-lièvre. Elle fait du strip-tease dans des clubs minables. Ses enfants ne semblent l’intéresser que dans la mesure où ils peuvent obtenir la célébrité spectaculaire qui lui manque. Le titre, Si tout n’a pas péri avec mon innocence, est une phrase des Métamorphoses d’Ovide. Elle est dite par Philomèle, jeune femme séquestrée et violée par son beau-frère, qui tisse sa tapisserie pour révéler son sort, le bourreau lui ayant coupé la langue. Kim n’a pas perdu la sienne. Elle nous la donne comme au chat, pour qu’on l’emporte de gouttière en gouttière.


Kim est une créature du monde d’Emmanuelle Bayamack-Tam : adolescente en état de colère et de minorité, morsure flottante à dentition rimbaldienne et à sexualité indéterminée. Elle prend vite conscience de la méchanceté des enfants en groupe, de l’agressive indifférence des adultes. A 9 ans, elle veut être un garçon. Plus tard, elle aime sa prof de natation synchronisée. Plus tard, son petit frère se pend. Elle baise beaucoup, puis ne veut plus de sexe, puis se prostitue chez Gladys Esperandieu, formidable vieille femme indigne, ancienne sage-femme qui avait aidé sa grand-mère à accoucher de sa mère. Kim accueille sur son visage mineur la giclée de sperme d’un client en pensant à Villon, tandis que le perroquet de Gladys, nommé Oreste, crie des chansons paillardes. Finalement, elle tombe amoureuse d’une splendide négresse meurtrie, répondant au doux prénom de Charonne. Si la chair n’est pas triste, le corps est picaresque.


Partout, la poésie oriente et précise sa révolte et sa maturité. C’est Kim qui parle, ce sont ses poètes qui lui parlent. Elle grandit selon Baudelaire : «Je veux te peindre ta beauté/ Où l’enfance s’allie à la maturité.» Comment faire un roman comique, agressif, merveilleusement concret et déployant toutes les délicatesses du mauvais esprit, par la grâce efficace des poèmes et des gestes ? Emmanuelle Bayamack-Tam, 46 ans, enseigne le français au lycée et évoque ici les démons sensibles de son huitième livre - auquel fait écho, parallèlement, une pièce de théâtre où des parents choisissent celui qui va déflorer leur fille, et assistent au spectacle.


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Philippe Lançon, Libération, 16 janvier 2013



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