magdaléniennement   

Dominique Fourcade

magdaléniennement est un dérivé adverbial inventé par l’auteur, à partir du mot Magdalénien qui désigne la période préhistorique du Paléolithique supérieur, entre 15 000 et 20 000 ans avant notre ère. Période dont le chef d’oeuvre est la grotte de Lascaux avec ses peintures pariétales.
Ce livre, tout à la fois poème, méditation, chronique intime, vient poser de façon urgente et très personnelle la distinction, fondamentale pour l’auteur, entre le moderne, qui est une esthétique et une poétique, et le contemporain qui est une notion purement chronologique. Lascaux ou les idoles cycladiques (statuettes de la...

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Dominique Fourcade

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Les trésors éblouissants de Dominique Fourcade


Amoureux des arts, l’écrivain signe un passionnant et audacieux « essai-poème » pour rendre compte des oeuvres qui l’habitent


Une splendide « grammaire de l’éblouissement », un acte de foi dans le grand art : tel est cet ouvrage libre etaudacieux, qui regroupe vingt-deux textes écrits entre 2011 et 2019. Pour Dominique Fourcade, né en 1938, qui a été commissaire d’importantes expositions (« Henri Matisse » à Paris en 1975 et à Washington en 1986, « Simon Hantai » au Centre Pompidou en 2013), le temps est venu de rassembler tous les registres, tous les thèmes qui courent dans ses vingt-cinq livres : « Une vie aveugle et sourde aux desseins de son écriture mais qui s’y est livrée tout entière. » Le titre, un adverbe forgé par l’auteur, non sans écho à la madeleine de Proust, renvoie au magdalénien - période préhistorique du paléolithique supérieur - et à l’art pariétal de la grotte de Lascaux, qu’il visita lorsqu’il avait 20 ans. Un passionnant « essai-poème », une méditation sur l’art et sur le temps, « de l’artiste de Pech-Merle à Edgar Degas ». Et de la Vénus de Lespugue à « Madame Cézanne », dont les vingt-six portraits, présentés au Metropolitan Museum of Art de New York en 2014, lui donnent le sentiment de déambuler dans «une exposition d’art cycladique ».


« A la limite de la perte »


Fourcade oppose le moderne à ce qui n’est que contemporain. « Manet, dans Le Déjeuner sur l’herbe, est un étonnant contemporain, tandis que dans Le Fifre il est un stupéfiant moderne. L’un et l’autre tellement à aimer, mais le deuxième est mon sujet. La plus grande expérience esthétique, la trame existentielle de ma vie, disons la plus grande expérience poétique, la fondamentale découverte et éblouissement, aura été la manifestation du moderne. Partout où j’ai cru l’identifier, je l’ai vécu à fond et me suis senti naître. »
Cela ne tient pas à la chronologie : « Il ne faut pas dire "les temps modernes" mais le temps moderne, qui est un temps intérieur, une vibration magnifique que, à la limite de la perte. » Mais plutôt à l’intensité de certaines oeuvres des artistes qu’il admire : peintres et sculpteurs - Rodin -, mais aussi poètes - Hölderlin et Dickinson -, chorégraphes - Pina Bausch et Jerome Robbins -, musiciens - Beethoven de Hammer klavier. «Dans les lignes qui vont suivre il ne sera question que d’archéologie du présent et de savoir comment il peut arriver que l’écho-foudre du présent soit le même que celui du passé, en tout cas du même ordre, dans la taxinomie des échos. »


« Merce surgissant »


Pour rendre compte par l’écriture de ce « mode moderne », qui anime les meilleures oeuvres d’art d’hier et d’aujourd’hui, il lui faut « inventer les outils », échapper non seulement au didactisme mais aussi à la rhétorique narrative. Ainsi se constituent des « blocs » poétiques qui se juxtaposent, ou se déplacent selon une dynamique semblable au balancement d’un « trapèze ». Avec, en ligne de mire, la gestuelle de l’admirable danseur qu’était Cunningham: « jamais ne me quitte le souvenir de Merce surgissant (...) dans Letter to the World de Martha Graham, prodige de jeunesse, bond d’autant plus étonnant qu’il a lieu sans élan. » Même si « le moi n’est pas le sujet », quelques rares allusions personnelles se glissent ici et là : la mort de ses frères et, jadis imposée par sa famille - « ce bloc improbable et douloureux » -, une éducation conventionnelle dont l’a affranchi « l’aveuglante beauté » de la peinture, celle de Poussin et, surtout, influence majeure qui ne l’a jamais quitté, celle de Cézanne.

« Le cap C/ a été toute la vie merveilleux à passer/ aventureux à passer/ sans retour à aimer/ au-delà, on ne sait plus naviguer ».


Monique Petillon, Le Monde des livres, 26 juin 2020



"Une femme période majeure", un article d’Armelle Cloarec à retrouver sur le site En attendant Nadeau.



Retrouver l’article de Jean-Claude Pinson à propos de magdaléniennement sur le site Sitaudis.



Retrouver l’article de Christian Rosset à propos de magdaléniennement sur le site Diacritik.


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