Les Garçons de l’été   

Rebecca Lighieri

Forts de leurs études brillantes, de leur famille convenable et convenue, de leur beauté radieuse et de leur maîtrise du surf, Thadée et Zachée ont cru que l’été serait sans fin. Que la vie se passerait à chevaucher les vagues, entre jaillissements d’embruns et poudroiements de lumière. Mais en mutilant sauvagement Thadée un requin-bouledogue le prive de l’existence heureuse auquel il semblait voué : il est devenu un infirme. La bonne santé des uns, la sollicitude des autres le poussent à bout. Et le révèlent à lui-même jaloux, envieux et même : psychopathe. Ainsi va-t-il commencer par assassiner son frère Zachée dont il ne...

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Rebecca Lighieri

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La presse

Dépeçage en famille



Entre la mère et ses deux fils, l’entente règne. Jusqu’à ce qu’un requin y mette fin. Un suspense pervers signé Rebecca Lighieri, alias Emmanuelle Bayamack-Tam.



Ils sont grands, ils sont beaux, athlétiques et brillants. Thadée et Zachée, des garçons dans le vent, promis au plus bel avenir, suscitent l’admiration de leur mère. « Mes fils sont ce qui me sauve de l’ordinaire », elle en est persuadée. « Ils sont ce qui fait de moi une exception plutôt que la souris lambda que j’ai été jusqu’à la naissance de Thadée voici vingt ans. » « J’ai enfanté des titans, pense-t-elle avec fierté, quand tant d’autres se contentent de pondre leurs gniards ». Les garçons de l’été pourraient bien n’être que le récit de la colère des dieux, une némésis en bonne et due forme. Une réponse implacable à l’hubris d’une mère, à sa folie, son aveuglement. Rebecca Lighieri n’accorde que trois pages au lecteur pour se pénétrer d’un sentiment de plénitude tout entier placé sous le signe de Rimbaud et de ses Illuminations (1895) : « J’ai embrassé l’aube d’été, se dit Thadée, après une session de surf, et j’ai cru que cette sensation-là, cette communion entre moi et les éléments, cette harmonie entre mon corps et mon esprit, ce serait ma vie. »



Roman de genre



La suite du livre sera une succession de dévoilement brillamment orchestrée : il suffit d’un coup du sort -et pas des moindres, puisque Thadée est attaqué par un requin qui lui arrache une jambe- pour que l’apparente unité de cette famille idéale se fissure de toutes parts, et se révèle éminemment dysfonctionnelle. Et pour que l’irruption des Dents de la mer transforme ce roman solaire et sympathique en réécriture de Shining.
Rebecca Lighieri n’en est pas à son coup d’essai dans l’art du récit littéraire à suspense. En 2013, elle signait Husbands, chez le même éditeur, mais sous une couverture noire et rouge sang, signalant d’emblée le roman de genre. Cette veine d’écriture, ici admirablement maîtrisée, reste néanmoins inhabituelle chez celle qui publie depuis 1994 sous le nom d’Emmanuelle Bayamack-Tam.
Lorsqu’on la rencontre, elle accueille sans surprise les questions relatives au choix de ce pseudonyme. « Des livres comme Si tout n’a pas péri avec mon innocence (...), explique-t-elle, sont écrits dans un tout autre état psychique. Ils partent d’un déclic poétique, leur unité est la phrase. Ceux que je signe Rebecca Lighieri sont au contraire très concertés, ils se développent à partir d’une situation narrative précise, j’écris en suivant un plan contraignant, dont l’unité est la scène. Et puis surtout, il y a toujours une mort violente, et une forme de suspense. »



Effets de surprise



La romancière déplorerait presque que l’on trouve dans ses deux types de livres plus de points de convergence que de véritables changements de manière. Dans un entretien accordé à L’Humanité, elle prétendait en avoir fini avec les livres sur la famille. Lorsqu’on lui fait remarquer que Les garçons de l’été démolit bel et bien tous les mensonges, les illusions, les pulsions destructrices et morbides qui circulent dans une cellule familiale apparemment irréprochable, l’écrivaine s’en sort par une jolie pirouette : « Emmanuelle Bayamack-Tam n’écrit plus sur la famille, mais Rebecca Lighieri peut encore le faire ».
Le lecteur découvre donc avec jubilation les effets de surprise que lui réserve ce roman où alternent les récits de chacun des personnages. Le malaise le gagne rapidement lorsqu’il comprend que, au camp où les deux frères surfent, la plupart n’éprouvent qu’indifférence après l’attaque du requin et la blessure de Thadée. Pourquoi ce fils chéri par ses parents, admiré par son frère, tenu tout de même à légère distance par Ysé, sa petite soeur un peu étrange, n’a-t-il aucun ami qui vienne lui rendre visite durant sa longue convalescence ? Et si, au lieu d’avoir enfanté un titan, sa mère avait mis au monde un monstre ?
Les garçons de l’été est un livre sur les pulsions, et sur la façon dont chacun, dans une même famille, s’accommode des siennes. De l’adultère au meurtre, en passant par l’amour et la sublimation dans l’héroïsme. Avec ce roman réglé au millimètre, Rebecca Lighieri s’impose avec grâce comme une écrivaine de la perversité. Styliste rouée et narratrice efficace, elle surfe avec aisance sur les vagues de ses identités multiples.



Florence Bouchy, Le Monde des livres, 27 janvier 2017






Rebecca Lighieri ne s’appelle pas que Rebecca Lighieri. Elle « publie aussi sous le nom d’Emmanuelle Bayamack-Tam », nous informe aimablement son éditeur. A vrai dire, on s’en fiche un peu : le prénom hitchcockien de Rebecca va très bien à la romancière des « Garçons de l’été ». Son livre est un puissant thriller choral, centré sur une famille qui a tout pour être heureuse : un papa, une maman, une maison du côté de Biarritz, une petite fille, deux grands garçons dingues de surf. Sauf que, depuis que ce sport-là a fait son entrée en littérature avec « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal, on sait qu’il attire la tragédie comme l’hybris antique le châtiment divin. Ca ne rate pas : un des garçons se fait bouffer une jambe par un requin, à La Réunion, et tout part en vrille. D’abord plombé par une sorte de raideur stylistique et narrative, le roman s’assouplit, se renforce et se tend pour glisser irresistiblement vers son but, inventer un lyrisme inédit en manipulant le jargon des surfeurs, et dynamiter les mensonges qui sont le ciment de toutes les familles du monde. L’enfer est pavé de passions très humaines, la folie aussi.



Grégoire Leménager, L’Obs, 19/25 janvier2017



Des dents de la mer



Masquée pour la forme derrière son pseudonyme de « Rebecca Lighieri », Emmanuelle Byamack-Tam libère son côté obscur et fonce dans le roman noir. Après avoir attaqué un certain milieu libertin du sud de la France dans « Husbands », elle aborde la côte Atlantique et ses surfeurs musclés. Mais tout commence, dès les premières pages, par un horrible bain de sang sur l’île de la Réunion. « Les garçons de l’été », ce sont Thadée et Zachée, deux grands gaillards de vingt ans, frères et rivaux dans la vie comme sur leur planche au-dessus de l’océan. Le premier, Thadée, vient de voir sa jambe arrachée par un requin-bouledogue. Fin de l’histoire ? Non, bien au contraire. Lorsque la victime et son frère reviennent en métropole, l’accident révèle les mensonges honteux d’une famille a priori équilibrée. Le père pharmacien, la mère parfaite maîtresse de maison, les deux fils brillants étudiants et la petite dernière artiste en herbe... chacun voit son rôle et sa santé mentale voler en éclats. L’inquiétude grandit, le vrai drame n’a pas encore eu lieu. Comme dans un film de Claude Chabrol, la bourgeoisie de province est mise à mal avec une hargne réjouissante. Le glauque et l’innommable surgissent pour réécrire l’épisode biblique d’Abel et Caïn. Rebecca Lighieri, auteure sombre, surfe sur un genre cruel et savoureux.



Helena Villovitch, ELLE, 20 janvier 2017



Complexe, subtil, violent, émouvant : le nouveau livre de Rebecca Lighieri est fascinant. Comme ceux qu’elle signe de son nom, Emmanuelle Bayamack-Tam.
Rebecca Lighieri vous happe. Commencer à lire Les Garçons de l’été est fatal. On n’a plus qu’une envie : cesser fissa de bosser, ne plus parler à qui que ce soit, et retrouver le livre. Si une insomnie surgit, quel bonheur d’avancer dans la lecture.

Elle nous plonge dans le monde du surf, avec ses vagues démentes, son langage ésotérique fait d’anglicismes, d’adrénaline et de testostérone. C’est la noblesse de la fiction de transporter ses lecteurs dans des univers méconnus.
Un accident se produit, très au début de la narration, qui bouscule la jolie famille, et commence à en révéler les failles. Il est question de La Réunion, et d’une attaque de requin. L’auteure construit son récit à plusieurs voix, chaque protagoniste racontant sa version. La multiplicité des points de vue enrichit le propos.



Dans le tragique



La situation se complexifie (ne comptez pas sur moi pour raconter l’histoire). Il y a des pages crues qui voisinent avec des déclarations pleines de beauté et de lyrisme. Un couple, qui paraissait bancal, se révèle grandiose dans le tragique. On est dans le roman noir, dans le roman d’amour, dans le thriller.
Le tout servi par une écriture magistrale, très maîtrisée, scandaleusement à l’aise dans tous les registres, particulièrement celui du langage oral contemporain.
Rebecca Lighieri a déjà publié, chez Pol, Husbands, un roman qui fouille les perversités sexuelles. Mais Rebecca Lighieri est en réalité le pseudo représentant la face noire d’une romancière bien connue, Emmanuelle Bayamack-Tam, auteure d’une dizaine de titres chez le même éditeur. Elle a notamment remporté le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs en 2013 pour l’enthousiasmant Si tout n’a pas péri avec mon innocence.



Anne KIESEL, Ouest France, 5 février 2017


Agenda

Du 31 mars au 2 avril 2017
Emmanuelle Pagano Nicolas Fargues + Iegor Gran + Valérie Mréjen + Rebecca Lighieri à l'Escale du Livre (Bordeaux)

Escales littéraires Bordeaux Aquitaine
15, rue Professeur Demons
33000 Bordeaux
05 56 10 10 10
contact@escaledulivre.com

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Le jeudi 11 mai 2017
Rencontre avec Rebecca Lighieri à la librairie de l'Astragale (Lyon)

Librairie L'Astragale
04 72 37 84 32

108, rue de Sèze

69006 Lyon

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Rebecca Lighieri, Les Garçons de l’été, Les Garçons de l'été Rebecca Lighieri décembre 2016

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