Tout un monde lointain   

Célia Houdart

Un été à Roquebrune-Cap-Martin, deux jeunes gens, Louison et Tessa, entrent clandestinement dans la villa E.1027, la villa blanche conçue par l’architecte et designer irlandaise Eileen Gray. Gréco, une femme âgée, décoratrice, veille avec un soin amoureux sur cet endroit. Un jour, elle y surprend les deux jeunes squatteurs, danseurs au style néo-hippie. Gréco est aussi sobre et pudique qu’eux sont sensuels, dénudés et volcaniques. Ils s’opposent, s’apprivoisent. Ce roman est l’histoire de leur rencontre. Les baignades et goûters de fruits sont assez vite perturbés par une série d’incidents provoqués par Louison, le plus...

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Célia Houdart

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La presse

Célia Houdart aime les entrées en matière impromptues, les ouvertures en queue de poisson. Son précédent roman, Gil, commençait par l’errance d’un homme dans la campagne, un court chapitre apparemment déconnecté de la suite de l’histoire, sur la carrière d’un musicien introverti. Voilà qu’elle réitère aujourd’hui, emboîtant le pas à un bébé qui met pour la première fois un pied devant l’autre, dans les herbes sauvages des rives du lac Majeur, au printemps 1918. Encore un prologue randonneur, donc, une fausse piste qui n’est là que pour imprimer la cadence : on avance, on vacille, on se ressaisit, et on atteint l’inexploré. Le reste du roman suit l’enfant devenue vieille, baptisée Gréco comme Juliette et traînant son ennui sur la côte monégasque. L’aura de cette femme aurait pu suffire à Célia Houdart pour dérouler son écriture végétale, sans une once de graisse, pleine de fragilité et de sauvagerie. La détresse mondaine du personnage, château branlant soucieux de donner le change, scrutant les fissures des villas qui l’accueillent comme autant de prolongements de ses failles intérieures, alimente la première moitié du livre avec sûreté. Et soudain, une secousse, une rencontre, un chamboulement. Gréco est confrontée à la jeunesse, elle en perd ses principes, et accueille le changement. La révolution a lieu dans la célèbre villa E.1027, éblouissante création de l’architecte Eileen Gray. Très inspirée par le lieu, qui existe réellement - la villa est à Roquebrune-Cap-Martin, dans les Alpes-Maritimes - , Célia Houdart s’est offert une libre fantaisie captivante, une rêverie parfois diabolique, qui ne prend jamais la direction attendue. Comme dans tous les songes, la fin abrupte multiplie les questions et colle aux journées qui suivent la lecture. Ce qui n’est pas donné à tous les romans, et ancre définitivement le nom de Célia Houdart dans nos esprits.


Marine Landrot, Télérama, août 2017



Il y a quelque chose de Cocteau dans le nouveau livre, enchanteur, de Célia Houdart. Pas seulement parce que son cadre est la Côte d’Azur, la French Riviera où l’auteur des Enfants terribles a laissé son empreinte. Gréco est une femme qui a vieilli mais qui se tient. Plutôt que décoratrice, l’héroïne de Tout un monde lointain se présente comme ensemblière. Née dans le Tessin, la dame est veuve et habite une superbe maison Belle Epoque à Roquebrune-Cap-Martin. Elle déteste Monaco, roule dans une vieille Mercedes noire, achète le New York Times, dont elle apprécie la typographie. Chaque jour, elle se rend aux abords d’une fameuse villa qu’elle rêve d’acheter. La villa E-1027, somptuosité conçue dans les années 1920 par Eileen Gray et Jean Badovici. Le précédent propriétaire des lieux, un ami de Gréco, était un collectionneur zurichois mort assassiné. Depuis, la maison a été pillée et mise sous scellés. Or voici que Gréco découvre qu’elle est squattée. Par Tessa et Louison, un couple de jeunes danseurs dont elle va faire la connaissance... Hédoniste et élégant, mélancolique et solaire à la fois, Tout un monde lointain est un pur bijou.


Alexandre Fillon, Lire, septembre 2017



A quoi reconnaît-on l’existence d’une langue ? À si peu. À beaucoup. Quelque chose de dansant au gré des phrases, une légèreté même si l’architecture est ample. En un mot : une grâce. Dans le premier chapitre de Tout un monde lointain, le cinquième roman de Célia Houdart, que se passe-t-il ? Au coeur de la nuit, une femme, au volant de sa voiture, toutes vitres ouvertes car il fait chaud, se sent enveloppée par cette tiédeur ; elle arrête son moteur, se recoiffe dans le rétroviseur. Bref, il ne se passe rien, diront certains. Moments propices, cependant, pour entendre si une langue est là ou non. En l’occurrence, une musique vibre assurément. Deux femmes sont au centre du livre. L’une, designer et architecte qui a réellement existé, Eileen Gray (1878-1976), est présente par l’une des villas qu’elle a construites, sur la Côte d’Azur, à Roquebrune-Cap-Martin : la célèbre « E.1027 ». L’autre est la femme de la voiture, Gréco, d’un certain âge. Elle a connu la précédente et est fascinée par cette maison, désormais à l’abandon à cause de droits de succession compliqués, mais qu’elle souhaiterait acquérir. Gréco « laissa les choses venir à elle. Visions, sensations ». Dans un premier temps, c’est exactement l’état du lecteur. Celui-ci perçoit des couleurs, des parfums, des tonalités d’émotions et de sentiments. Avec une grande économie de moyens, Célia Houdart parvient à faire ressentir la douceur de vivre de Gréco, en même temps que les tourments qui pourraient l’assaillir, mais qu’elle sait contenir et éloigner. Son esprit ne cesse de tourner autour de la villa E.1027 - que les descriptions de l’auteure rendent quasi vivante - , d’autant que deux inconnus, un couple de jeunes gens, la squattent désormais. Gréco se manifeste auprès d’eux. L’occasion pour elle d’abord de retourner (illégalement) dans la maison en train de se délabrer. Mais, peu à peu, elle se lie réellement d’amitié avec ces deux originaux, beaucoup plus jeunes qu’elle et très accueillants. Il est alors possible pour le lecteur d’entrevoir ce qui se joue avec ce trio, et qui est une autre façon de repeupler un espace délaissé. Outre la villa d’Eileen Gray, il y a en effet dans Tout un monde lointain une seconde maison vide, plus mystérieuse encore : celle, intérieure, de Gréco, une maison de souvenirs, que sa fascination pour la villa E.1027 permet sans doute de tenir à distance. Célia Houdart signe là un très beau roman de réconciliation intime suscitée par une rencontre profonde et inattendue.


Christophe Kantcheff, Politis, août 2017



Retrouvez le Grand Entretien de Célia Houdart par Johan Faerber sur le site Diacritik.



Cérémonie d’amour à la villa E-1027


Son nom même est un code d’amour E comme Eileen, 10 pour la dixieme lettre de I’alphabet 2 pour le B de Badovici, 7 pour le G de Gray. Sur la côte de Roquebrune-Cap-Martin, nichée entre mer et pinede, la plus belle des maisons modernistes, la villa E-1027 est née des amours secrètes d’Eileen Gray et de Jean Badovici. Longtemps oubliée, theâtre d’un fait divers criminel dont son ultime proprietaire fut la victime, elle est comme rendue à un silence fait de vive lumière et de secrets tus qui lui va bien au teint. Si Tout un monde lointain, le nouveau roman de Cella Houdart, dont elle est en quelque sorte l’héroïne en même temps que le decor, est si beau, c’est parce que, paradoxalement, il respecte ce silence. Il en est même tissé. Soit donc Gréco, célèbre décoratrice d’intérieur qui vit seule et retirée non loin de la E-1027, dont elle se sent plus ou moins la vestale. Un jour, Louison et Tessa, un couple de très jeunes danseurs, corps éclatants de grace et de beauté squattent en douceur la villa. Peu à peu Greco et les deux jeunes gens s’apprivoisent jusqu’à former un trio affranchi de tout ce qui leur pèse: le jugement moral, la gravité, l’âge. Avec une grâce infinie (qui n’est pas sans rappeler celle des livres de Chantal Thomas), très ligne claire, Cella Houdart suggère plus qu’elle ne montre. C’est très beau, très mystérieux et l’écho de ce grand petit livre est de ceux qui survivent aux saisons et aux rentrées littéraires.


Olivier Mony, Le Figaro Magazine, septembre 2017

Agenda

Du 21 au 24 septembre
Joël Baqué, Marie Darrieussecq et Célia Houdart aux Correspondances de Manosque

LES CORRESPONDANCES MANOSQUE – LA POSTE
Centre Giono, 3 bd Elémir Bourges, 04100 Manosque
tél : 04 92 75 67 83
contact@correspondances-manosque.org

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Samedi 23 septembre 2017 à 15h00
Rencontre avec Célia Houdart aux Correspondances de Manosque

Conservatoire, Manosque

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Jeudi 19 octobre
Célia Houdart à la librairie l'Atelier (Paris)

2 bis rue du Jourdain

75020 Paris

Plus d'informations ici.

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Jeudi 2 novembre 2017 à 18h
Célia Houdart à la librairie Nouvelles Pages à Carouge (Suisse)

Rue Saint-Joseph 15
1227 Carouge
Suisse

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30 novembre à 18h
Rencontre avec Célia Houdart à la librairie l'Astragale (Lyon)

Librairie L'Astragale

108 Rue de Sèze

69006 Lyon

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