La Chair des vivants   

Julie Douard

Ce roman interroge ce qui se joue autour du travail. Au-delà de la tâche et du lieu qui réunissent les gens, au-delà du salaire que tout le monde attend, quel genre de relations se nouent dans cet espace réduit et hiérarchisé où chacun passe ses journées ? Jusqu’où a-t-on besoin d’être reconnu et récompensé ?
La Chair des vivants met en scène différents types de relations et personnages qui ont en commun d’être plus ou moins liés au siège d’une entreprise qui diffuse de la papeterie et du matériel de bureau.
L’histoire se déroule sur quelques mois, décisifs dans la vie de plusieurs...

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Julie Douard

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La presse

Quelque part en France, aujourd’hui, dans une de ces petites entreprises anonymes - ou administrations? - managées à la diable pour faire modernes et performantes, mais où on ignore bizarrement pourquoi on travaille et pour quels projets... Peu importe, après tout. Les employés trimballent en souriant leur mal-être, leur ennui et leurs ambitions frustrées ; dissimulent leur boulot sans intérêt dans des fêtes idiotes où l’alcool coule à flots. Il y a du burlesque à la Gogol chez ces quadragénaires désemparés, en quête sinon de Revizor père fouettard, au moins de coach qui les aide à mieux vivre dans une société dont ils ne saisissent plus les enjeux mais qui leur fait perdre la boule. Alors ils s’agitent frénétiquement, dansent, font du sport ou se cachent sous leur bureau. Ils s’excitent aussi inutilement qu’ils se désespèrent vainement. Rien, dans La Chair des vivants, ne sert à rien. Ces vivants-là sont bel et bien réduits à leur poids de muscles qu’on manipule, humilie, abîme ou exalte avec sensualité ou sadisme... Professeur de philosophie, Julie Douard a déjà écrit deux récits aigus et acidulés (Après l’enfance, Usage communal du corps féminin) et pas mal de pièces de théâtre. Ainsi son troisième roman résonne-t-il comme un curieux espace scénique où apparaîtraient/ disparaîtraient en courtes séquences (ici, courts chapitres) des créatures-marionnettes rescapées d’on ne sait quel vaudeville des années 2000, avec de faux airs de comédie à la Marcel Aymé, aussi, du siècle passé... La mordante écrivaine dirige cruellement, et très drôlement, ce ballet d’amours fatiguées, d’amitiés décérébrées, de désirs lamentables. Ici, on jouit, meurt ou se suicide pour n’importe quoi. Comme on vit. Comme on rit.



Fabienne Pascaud, Télérama, 12/4/2018

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