Rien à cette magie   

Suzanne Doppelt

Entre 1733 et 1734, Chardin peint trois fois Les Bulles de savon, trois versions très proches d’une même scène : un jeune homme s’amuse à faire des bulles sous l’œil curieux d’un enfant à moitié dans l’ombre. Proust prétendait qu’on ne peut faire d’aussi précieuses découvertes que dans les Pensées de Pascal dans une réclame pour un savon, ou dans une bulle de savon, a-t-on envie d’ajouter avec Suzanne Doppelt.
À partir de ce célèbre tableau de Chardin, elle invente un livre conçu comme un petit théâtre d’ombres et de marionnettes, un étonnant dispositif poétique et...

voir tout le résumé du livre >>

 

Consulter les premières pages de l'ouvrage Rien à cette magieFeuilleter ce livre en ligne

 

Suzanne Doppelt

Voir la biographie et la bibliographie de Suzanne Doppelt

 

La presse

Rien à cette magie de Suzanne Doppelt par Catherine Pomparat

Article à lire sur Sitaudis


par Catherine Pomparat, Sitaudis.fr



Fragile magie


Il suffit de souffler sur un peu d’eau savonneuse pour faire naître une « délicate musique des sphères » : la bulle de savon a inspiré les peintres, de Rembrandt à Manet. C’est le tableau de Chardin (1734) ainsi intitulé qui a guidé la rêverie de Suzanne Doppelt. Elle accompagne d’un dispositif poétique et photographique cette oeuvre dont Diderot disait : « On n’entend rien à cette magie. » Dans ce tableau, un jeune homme produit ce miracle optique : un « abrégé du monde » dans une bulle. Près de lui, « sidéré », son cadet ne le quitte pas des yeux. Dans le texte se glissent, en italique, des comptines : car l’enfant découvre par le jeu les propriétés de la matière. C’est une «aventure muette et sans lendemain », une scène où un secret est partagé - selon la formule du cinéaste Robert Bresson - « par l’immobilité et le silence ». Telle une de ces bulles irisées et fragiles, ce petit ouvrage, aux résonances infinies, est de toute beauté.

Monique Pétillon, Le Monde des livres, le 7 décembre 2018



La subtile poésie de notre relation scientifique intime au monde

C’est avec son Vak spectra de 2017, déjà chez P.O.L., impressionnante poésie de la traque délicate de ce que les maisons se refusent à révéler spontanément, que j’avais découvert Suzanne Doppelt, artiste et poète dont c’était pourtant déjà la dix-neuvième œuvre, depuis son Bref éloge du coup de tonnerre en 1994. Dans une veine différente – mais parfaitement cohérente, et trahie au long cours par les titres de réalisations antérieures, telles Dans la reproduction en deux parties égales des plantes et des animaux (1999), Le pré est cinétique (2007) ou Amusements de mécanique (2014) -, Rien à cette magie (qui paraît chez P.O.L. en ce mois de novembre 2018) évoque subtilement le point de jonction de la science physique et de la poésie, de la chimie moléculaire et de la magie des mots. « Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie », professait Arthur C. Clarke en 1973, mi-sérieux mi-joueur, comme souvent à son habitude. En fonction de nos compréhensions personnelles et de nos lacunes scientifiques inévitables, c’est notamment au miracle de la bulle de savon, à ses subtiles équations de tension de surface, que Suzanne Doppelt confie ici sa mission exploratoire de notre lien intime à la science et à la merveille, peut-être un peu comme l’araignée de Vak spectra devait aider à révéler l’indicible niché dans les recoins obscurs de nos demeures.

L’art et la science ont bien entendu partie liée, intimement. De manière extrêmement documentée, les « Variations sur l’histoire de l’humanité » récemment publiées chez La ville brûle nous le rappellent s’il en était besoin (comme le fit à son heure, à sa manière voilée et partiellement cryptée, l’étrange Mojave épiphanie d’Ewen Chardronnet). Si Hans Magnus Enzensberger inventa sans doute en 1975, dans son Mausolée, la poésie épique du progrès scientifique, comme composante d’un progrès global, même acide ou ambigu, chanté principalement à travers ses grands savants, Suzanne Doppelt nous offre, elle, la chanson douce et curieuse de l’expérience intime de l’équation qui nous relie au monde, saisie dans sa brume fugace comme dans sa raideur mathématique. Et elle pratique cet enchantement rare en 39 paragraphes, 9 illustrations et 19 remarques encore plus brèves qui pourraient s’apparenter à des légendes, en un tourbillon architecturé d’une profonde beauté.


par charybde2, Charybde 27 : le blog, le 21 novembre 2018

Agenda

Du vendredi 7 décembre 2018 au dimanche 27 janvier 2019
Exposition autour de l'œuvre poétique de Suzanne Doppelt (Paris)

Bibliothèque Marguerite Audoux
10, rue Portefoin - 75003 Paris
01 44 78 55 20

voir plus

Le lundi 11 février à 20h
Suzanne Doppelt à la Maison de la Poésie (Paris)

Maison de la Poésie
157, rue Saint-Martin - 75003 Paris

voir plus

Samedi 9 mars 2019
Lecture de Suzanne Doppelt et Fred Léal au Marché de la Poésie (Bordeaux)

Marché de la Poésie

De 15h à 16h le samedi 9 mars 2019
sous la Halle des Chartrons
33000 Bordeaux

voir plus





© P.O.L 2018 | Crédits | Mentions légales