Serez-vous des nôtres?   

Emmanuelle Pagano

Cette magnifique enquête romanesque sur le paysage des eaux raconte une amitié hors norme entre deux hommes issus de milieux sociaux opposés, mais riverains. À l’origine, seul un grand étang les sépare et les lie. Dans cette région, tous les liens sociaux dépendent de ces retenues d’eau, les étangs, qui mouillent tout le paysage. Jonathan Bonnefonds, peintre raté ou peintre gâché, est l’héritier de la famille propriétaire du domaine, David Gareau est fils du paysan voisin. Leur amitié s’est diluée dans le temps et l’espace. Jonathan est resté au pays, David, lui, s’est engagé dans la Marine, écoutant les sons de la mer...

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Emmanuelle Pagano

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La presse

D’une écriture opaque et suffocante, ce dernier opus de la Trilogie des rives explore la relation entre les mondes aquatique et humain.


Serez-vous des nôtres ?, interroge ce troisième volet de la Trilogie des rives. Invitation presque timide, à la fois accueillante et pleine de doutes, la question accepte la possibilité d’un refus, comme si Emmanuelle Pagano avait conscience que le voyage qu’elle propose n’est pas des plus faciles, et implique un effort. L’expédition est en ­effet subaquatique, et nécessite de pratiquer la nage en apnée par presque cinq cents pages de profondeur, dans un étang sans couleur, gouffre caméléon qui avale les arcs-en-ciel pour recracher des grenouilles ou des alevins, aboutissement de siècles de boues et de glissements de terrain mobilisant les riverains jusqu’à plus soif.


Tout l’art d’Emmanuelle Pagano réside dans cette écriture opaque, suffocante, au bord de la noyade, comme un long cri de détresse asphyxié, qui soudain se réfugie dans des poches d’oxygène, s’en repaît, avant de repartir dans les abysses oppressants. En fusion avec l’élément marécageux, le roman s’en remet entièrement à la force de l’eau, souveraine malgré les dangers écologiques qui la guettent. La parole est à l’élément liquide pendant des pages entières, d’une beauté saisissante, comme chantées depuis des temps immémoriaux, bien avant l’apparition de l’homme sur la planète. Le style aride des phrases, volontairement sourd aux débordements émotionnels des personnages, exprime à merveille l’assèchement progressif des terres, et la vengeance du monde aquatique sur les humains, exsangues eux aussi. Ceux qui tentent de lui échapper se voient vidés de leur substance, incapables de vivre, comme ce peintre qui se désespère de ne jamais réussir à capter la lumière du ciel, et de ne produire que des tableaux ternes. Rattrapé par son destin, le seul qui a fui la région travaille dans un sous-marin, et reçoit lui aussi les mauvaises ondes de l’étang originel. Pourtant, ces familles infiltrées par la « peur mouillée, physique, brouillant les tripes et souillant les habits » réussissent à faire entendre en sourdine leur voix intérieure. Alors l’immersion dans ce livre exigeant, unique, ressemble à une opération de sauvetage de ces êtres en perdition.



Marine Landrot, Télérama, août 2018

Agenda

Le jeudi 27 septembre 2018 à 19h00.
Emmanuelle Pagano à la librairie Passages (Lyon).

Librairie Passages.

11 Rue de Brest

69002 Lyon.

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