Comme la chienne   

Louise Chennevière

« La destinée de la femme est d’être comme la chienne, comme la louve : elle doit appartenir à tous ceux qui veulent d’elle. »
Sade, La philosophie dans le boudoir.

Une femme parle. Elle accuse. Elle raconte. Elle prend la voix de plusieurs femmes. Récit fragmenté, éclaté comme les mille images entre lesquelles est tiraillé le corps de la femme. Chaque récit est un instant arraché à l’intime, une voix sauvée du silence, ce silence qui est l’histoire des femmes. Ce texte est une tentative de faire entrer par effraction dans la parole ce qui en a été toujours exclu, dire l’immense violence et les infimes douleurs. Et...

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Louise Chennevière

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Qui est Louise Chennevière ?



Vous ne savez plus quoi lire, d’ailleurs vous en avez perdu l’envie. Il y a trop de livres, et à chaque fois que vous vous laissez tenter par un roman, vous êtes déçu : fadaises, platitude du style, imagination zéro. C’est simple : on dirait des téléfilms, en plus lent.

Voici enfin un livre qui tranche : Comme la chienne, de Louise Chennevière, publié aux éditions P.O.L. C’est un premier roman, son auteur a 26 ans, c’est un choc.

Rien de trash : la violence des phrases déjoue tout voyeurisme, et récuse l’idée même de spectacle. Rien de porno, non plus : il y a des étreintes, il y a du sang, une radicalité dans la perception de l’empoignade sexuelle, mais la littérature est un lieu où l’extrême et la délicatesse coïncident : la mise à nu est le contraire de l’exhibition.

On ne sait pas qui est la narratrice, elle est double, triple, elle refuse d’être assignée à une identité, et surtout pas à celle de « femme », dont le livre raconte les affres et le défi, le combat permanent. Être une femme, ça veut dire quoi? D’abord, que vous êtes un corps, c’est-à-dire une proie autour de laquelle les hommes ne cessent de tourner.

Être une femme, c’est savoir que le désir des hommes n’est qu’une petite chose. Louise Chennevière vend la mèche avec une lucidité rare sur l’inconsistance des hommes, mais aussi sur le délire des femmes, des mères, des amantes, des lycéennes, des déesses, des putes, toutes rendues folles d’être la proie immémoriale d’une telle inconsistance. Le monde est organisé autour du sexe, et le sexe n’est qu’une illusion : un mensonge qui n’a même pas accès à lui-même. Ils se désirent, forniquent, se déchirent, recommencent - sans y rien comprendre. Quelqu’un a dit que les hommes sont faibles et les femmes égarées. C’est pire.

Voici donc le livre d’une guerrière qui refuse de souscrire à la couillonnerie de la « guerre des sexes » (organisée par les hommes pour faire croire aux femmes qu’elles peuvent gagner). Féminisme? Bien sûr, mais au-delà de toute idéologie sans adhésion au discours victimaire, justicier ou vengeur. La guerre vécue sexuellement et approfondie dans les phrases, couteau à la main, yeux grands ouverts. Les expériences se multiplient pour écrire « à l’écoute de toutes les voix du monde ».

Louise Chennevière est une écrivaine libre, précise et sans tabou, dont les phrases crues, sinueuses, fluides explorent la douleur et l’excitation, le coeur qui flanche, la cruauté de la baise, le vertige d’aimer, les invisibles et le « trou noir entre les jambes ». Il y a en elle la mémoire sacrificielle des bûchers de sorcières et la révolte des Amazones : « Tu es du revers du monde et c’est ta chance. Ne cherche pas à : passer de l’autre côté. N’abandonne pas les ombres et tes failles. Ne cherche pas à te faire accepter. »


Yannick Haenel, Charlie Hebdo, 3 avril 2019



À corps et à cri


« La destinée de la femme est d’être comme la chienne, comme la louve : elle doit appartenir à tous ceux qui veulent d’elle. » Qui a écrit ça ? Un certain marquis de Sade, dans La Philosophie dans le boudoir. Ce mot de « chienne », Louise Chennevière en a fait la clé des vices et vertus multiples de ce livre puissant où le corps féminin apparaît souvent comme un héros dévasté. Grandeurs et désastres de la condition féminine lorsqu’elle désire ou subit la morsure de la soumission ou de l’humiliation. Tantôt ce sont « les Mille et Une Nuits » d’un désir exalté, tantôt empoisonné. Plusieurs femmes parlent par une même voix. Le sexe est là, toujours embusqué, conséquence de vies bousculées, tordues, de trajectoires biaisées. On a rarement écrit quelque chose d’aussi fort ni d’aussi brutalement sensuel. Sur la prostitution aussi. Les mots claquent, la vérité y est nue. Il y a dans Comme la chienne une quantité de passages assourdissants. Telles ces pages, vers la fin du livre, qui puisent dans l’enfance. Un vrai choc littéraire à l’émotion nue.


Pierre Vavasseur, Le Parisien, 7 avril 2019


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