Le travail de la viande   

Liliane Giraudon

Le travail de la viande est constitué de sept textes, sept formes très différentes, appelées à explorer ce que peut être aujourd’hui « une littérature de combat ». Dans ce recueil sont« débités comme dans un abattoir des morceaux de textes ». Un conte, La fille aux mains coupées; un collage, Le mouvement des accessoires ; un dramuscule, Oreste pesticide ; un poème, Fonction Meyerhold ; une correspondance, Cadavre Reverdy ; une divagation, L’activité du poème n’est pas incessante ; et un scénario, Un attentat attentif. Le montage de tous ces textes est capital, « monter c’est montrer », car chaque...

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Liliane Giraudon

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La presse

Liliane Giraudon, calme et violente


"Organiser le pessimisme"


Au début des années 1980, et jusqu’à une date récente, avec son compagnon de vie l’écrivain Jean-Jacques Viton, elle inventait des revues qui paraissaient deux ou trois fois par an. Ces périodiques qui s’appelaient Banana Split, If ou bien La Gazette des Jockeys camouflés publiaient des auteurs contemporains et des traductions.
Son dernier livre est à la fois aimant et desespéré. Liliane Giraudon écoute les syncopes d’un monde où des aigles, des ours et des oiseaux pourraient disparaître. Elle garde en mémoire l’injonction de Walter Benjamin : "Organiser le pessimisme." Elle refuse de passer sous silence que Pierre Reverdy, poète qu’elle estime pronfondément, n’ait jamais désavoué les agissements pro-nazis de sa maîtrisse d’autrefois, Coco Chanel. Elle se souvient de Velimir Khlebnikov, étoile pestiférée ou bien du metteur en scène Meyerhold et de son épouse Zinaïda : en 1939, ce couple fut torturé dans les caves de la Loubianka avant d’être exécuté.


"Écrire m’a sauvée"


Dans la tumulte du siècle ainsi perçu, les braconnages et les ruptures sont inévitables. Liliane Giraudon a toujours recherché "les mélanges adultères". Dans une prosodie à la fois rigoureuse et flexible — vers accidentés, espaces troués de blanc, grammaire en démolition, calligrammes découpés au ciseau — ses montages provoquent des hybridations et des débordements. Auparavant éditée chez Fidel Anthelme X, une section de ce livre s’intitule L’activité du poème n’est pas incessante.
En troisième position dans le sommaire, on découvre un texte-limite, une pièce de théâtre proche de l’injouable. Avec en fond d’écran des immeubles de la Porte d’Aix en voie de démolition, deux policières lesbiennes interrogent férocement un travesti dont les identités sont multiples : ce personnage est à la fois vieille dame déclassée, écrivain sans lecteur et auteur de films pornographiques. Robert Cantarella a tenté chez Montevideo l’expérience d’une lecture publique de ce déchet de drame.
Liliane Giraudon écrira jusqu’à son dernier souffle. Elle se veut farouchement "hors d’autorité" et ne revendique pas une place particulière : "Une fois le poème écrit, le poète est mort."
Elle fait sienne une formule de Reverdy : "Écrire m’a sauvée. A sauvé mon âme. Je ne peux pas imaginer ma vie si je n’avais pas écrit."


Alain Paire, La Marseillaise, décembre 2019




"Exercice de dépossession", un article de Jean-Philippe Cazier à propos du travail de la viande, à retrouver sur le site du magazine Diacritik.



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