Le Chant du poulet sous vide   

Lucie Rico

« J’ai commencé à écrire Le chant du poulet sous vide comme un conte, de la même manière que le marketing fabrique des contes, jusqu’à nous faire croire que les animaux que nous mangeons sont d’adorables bêtes, saines et dévouées, avec lesquelles nous avons une relation. »
La mère est morte. Sa fille, Paule, revient à la ferme et à son élevage de poulets. Citadine, elle se retrouve à devoir s’occuper d’eux, les tuer et les vendre au marché. Quitte à devoir négliger son mari architecte. Mais en mettant à mort les poulets, Paule renouvelle sans cesse le deuil de sa mère. D’autant qu’elle...

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Lucie Rico

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Tendre poulet


Une citadine hérite, à la mort de sa mère, de son élevage de volailles. Mais quand il s’agit de les tuer, elle est prise d’une inspiration élégiaque et compose pour chacun d’eux une courte biographie – l’hommage qu’elle n’a pas su rendre à sa mère. Il y a Théodore le borgne, le petit Sushi, Lolita qui toujours s’échappe ou Charles le tendre. Ses textes, burlesques et bizarrement émouvants, feront le succès de ses bestioles bien tendres auprès d’un public de plus en plus nombreux. Du pré au supermarché, ce conte moderne, premier roman éblouissant de malices et de plumes, fait éclore la poésie singulière du poulet industriel, symbole innocent de nos vies anodines, de nos vies sous vide – et vous ne le dégusterez plus jamais sans lui rendre l’hommage d’une pensée sincère.

Marguerite Baux, Elle, 15 mai 2020



Après avoir tué son premier poulet, histoire d’exécuter la dernière volonté de sa mère, une jeune femme, Paule, décide de rester à la ferme et de s’occuper des poulets qui restent. Elle s’intéresse à chacun d’entre eux avant d’aller les vendre sur le marché, leur donne des noms, écrit leur biographie. Le poulet (seul animal à s’appeler pareil qu’il soit dans le pré ou dans l’assiette) quand il est aussi bien traité, se vend sans problème. Le client ne réclame-t-il pas de l’authentique ? Paule, qui n’est pas une poule mouillée, tient tête aux fermiers rivaux, anciens camarades qui ne supportent pas sa petite entreprise. Arrive le propriétaire d’un supermarché qui va aider Paule à voir grand, pour le bien-être, espère-t-elle, des poulets. Cette fable sur le marketing avance sur le fil, sans dévier, en déjouant fermement les pièges de l’anthropomorphisme et de l’effroi.


Claire Devarrieux, Libération, 2 mai 2020



Il y a Théodore, « de caractère libre, indépendant et malicieux ». Mais aussi Léna, « plus beau gosse, avec sa belle crête bien vissée qui finit en dentelle ». Et Lolita, « courant plus vite que les hommes, plus vite que la tramontane, comme pour échapper au sort ». Paule les aime tous, comme ses enfants, même si elle marque une préférence pour certains des poulets qu’elle élève dans sa ferme en plein air. Certains auront même le droit de s’installer dans la maison, jusque dans sa chambre. Paule n’est pas une simple fermière qui prend la suite de sa mère, elle a envie d’écrire et s’entraîne en rédigeant les biographies de ses gallinacés, histoire de « raconter leur vie pour accompagner leur mort ». Mais ce qu’elle préfère, pourtant, c’est « tordre des cous ». Écrire et tuer : cette double action va lui apporter le succès sur les marchés et les supermarchés, car la clientèle adore les poulets biographiés. Soudain, ces dépouilles sous plastique sont dotées d’un supplément d’âme, qui manque à la vie quotidienne des acheteurs de viande en barquette. Ils choisiront Georges en lisant que « sa vie était une folle course et personne n’osa jamais lui dire qu’il tournait en rond »…

Fiction d’une parfaite dinguerie, d’une drôlerie brutale et inédite, Le Chant du poulet sous vide est un premier roman qui ne cesse de monter en folie et s’achève dans le sang et l’action punitive. Avec Paule, son héroïne végétarienne, Lucie Rico entre dans la fable alimentaire, accompagne la bête dodue qui court sus ses ergots et se presse dans méfiance vers les humains. Elle réussit un livre où l’éclat de rire fait place à l’inquiétude et au grincement, comme un piaillement juste avant la mise à mort.

Christine Ferniot, Télérama, mars 2020



"Chicken song", un article de Jean-Acier Danès à propos du premier roman de Lucie Rico, à retrouver sur le site de En attendant Nadeau.

Agenda

Mercredi 18 novembre 2020
Performance de Lucie Rico au Festival Labo_Demo (Paris)

Centre Wallonie-Bruxelles

Salle d'exposition
127-129 rue Saint-Martin
75004 Paris

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