L’ Aplatissement de la terre suivi de Le Monde et son contraire   

Leslie Kaplan

« Tout le monde s’en souvient : ce matin-là au réveil la nouvelle tournait en boucle, quelqu’un était tombé en dehors de la Terre. Pas dans un trou, pas dans une crevasse, pas dans un abîme. »


Ainsi commence le nouveau conte politique, drôle et cruel de Leslie Kaplan, L’aplatissement de la terre, dans la même veine que Désordre. Un ensemble de cinq textes sur le même thème : le monde dans lequel nous sommes est un monde devenu « plat », aplati par le système dominant. Leslie Kaplan imagine, de façons différentes, plusieurs réponses à ce monde, à la recherche d’une « issue » pour...

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Leslie Kaplan

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La presse

Le spleen mutin de Leslie Kaplan

Un recueil de textes aériens de Leslie Kaplan dévoile toute la gravité d’un monde courant lourdement à sa perte.


Faire face au virus que nous savons, pour l’écrivaine Leslie Kaplan, c’est ne pas se soumettre à la réclusion mais miser sur la délivrance de la littérature, qui se mesure de biais, brave non sans filtre, met dans le mille avec feintise et finesse, triomphe en composant. «Dans cette période du confinement joie de la fiction, aussi, penser avec la fiction», écrit-elle dans l’un des huit textes d’urgence, d’exorcisme et d’allègement rassemblés pour (aider à) tenir. Chérissant la révolte, Kafka et le cinéma, misant sur l’aberration de nos quotidiens déboussolés, la femme de lettres cherche avec une vaillance malicieuse l’impossible passage du Nord-Ouest de la pandémie. «Comment ça se termina? Eh bien, ça ne se termina pas. On y est encore», assène-t-elle à la fin du premier texte qui donne son titre à l’ensemble, L’Aplatissement de la Terre.
La contagion mystérieuse faisait son office. Le mot expérience disparaissait tandis qu’il n’était plus question que de gymnastique. Un groupe radical émergeait, qui réclamait de la complexité avant toute chose, alors que la Terre s’aplatissait progressivement, que l’éducation devenait plus que jamais gavage inutile, que le rêve en arrivait à être considéré comme une inflammation de la cervelle et «que l’ennui était magistral, mais alors, magistral ». Poussée dans ses derniers retranchements par un style aussi enjoué que funéraire, notre époque s’achève: «On parla même pendant un temps du ’’manque du manque”, la formule venait d’un psychanalyste et connut un certain succès. » Le spleen mutin de Leslie Kaplan fait merveille : il provoque un sourire noué, une crainte joyeuse, des affres mélancoliques. Allant droit au but par mille détours, sautillant tout au long d’une course d’endurance, la prose en alerte d’une autrice à la fantaisie désespérée révèle sous couvert de divaguer: «Kafka décrit un monde très violent... sous une apparence calme, tranquille...et c’est le monde de maintenant...notre monde à nous... » Une nouvelle sélection des espèces semble avoir commencé, mettant à mal la moindre solidarité en des temps où rien ne compte plus que de passer entre les gouttes. L’écriture de Leslie Kaplan, au milieu de tant de renoncements, donne le signal des ultimes attachements: « Je fais un stage à la clinique de La Borde amour, reconnaissance infinie pour les fous comme s’ils étaient fous, en quelque sorte, à ma place. » Et si le sauve-qui-peut consistait à s’inscrire dans l’espace et à raconter des histoires? Alors renaîtrait le souci d’autrui. Alors les individus redeviendraient humains. Ce livre de contes et mécomptes ultracontemporains, rédigé par une septuagénaire au regard neuf, sonne le ralliement de toutes les volontés bonnes : « “Il n’est pas difficile de mourir, il est difficile de vivre” c’est ce que dit le prêtre résistant dans Rome, ville ouverte. » Ancienne établie ayant pris la tangente dans une usine juste avant les événements de mai 1968, Leslie Kaplan nous engage, l’air de rien, à ne pas nous éclipser alors que le monde cède sous nos pas. Le devoir de fraternité, constamment démontré par l’absurde, le surréel et le cocasse, jamais n’écrase ni n’aplatit sous la lourdeur des principes. C’est tout le charme de cette écriture de la dernière chance : «Moi les textes que j’aime ils me servent dans la vie...dans la vie de tous les jours... »


Antoine Perraud, La Croix, 26 mars 2021

Agenda

Jeudi 23 et vendredi 24 septembre à 19 heures
Mise en scène de L'Aplatissement de la terre suivi de Le Monde et son contraire

Comédie de Caen
1 Square du Théâtre
14200 Hériuville-Saint-Clair

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Samedi 25 septembre à 16 heures
Mise en scène de L'Aplatissement de la terre suivi de Le Monde et son contraire

IMEC
Abbaye d'Ardenne
Chemin de Saint-Germain
14280 Saint-Germain-la-Blanche-Herbe

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Leslie Kaplan, L’ Aplatissement de la terre suivi de Le Monde et son contraire, Leslie Kaplan L'Aplatissement de la terre

Son

Leslie Kaplan, L’ Aplatissement de la terre suivi de Le Monde et son contraire, Leslie Kaplan invitée de Kathleen Evin dans L'Humeur vagabonde 1/05/2021




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