Mon port de Beyrouth   

Lamia Ziadé

Le 4 août 2020, une monumentale explosion dans des entrepôts ravage le port de Beyrouth et les quartiers voisins. Elle fera des centaines de morts et plus de 4000 blessés. Lamia Ziadé a vécu cette catastrophe de trop pour Beyrouth depuis Paris, mais en lien constant avec sa famille et ses amis vivant sur place. Immédiatement, elle a voulu réaliser le carnet intime de cette catastrophe. Saisir dans ses dessins ce qu’elle voyait, ce qu’on lui racontait. Mais elle tient aussi son propre journal dans lequel elle témoigne de son émotion et de sa colère qu’elle partage avec ses compatriotes. Elle restitue la stupeur de l’événement : « Les effets de l’explosion sont...

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Lamia Ziadé

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La presse

Mon port de Beyrouth. C’est une malédiction, ton pauvre pays !

L’illustratrice et écrivaine rend un hommage très émouvant aux victimes de l’explosion survenue l’été dernier au Liban.

Le 4 août, elle était chez elle, à Paris, lorsqu’elle a appris la catastrophe via son téléphone : une explosion venait de détruire une grande partie de Beyrouth. Le groupe WhatsApp familial a soudain débordé de messages, dont un selfie de sa soeur le visage ensanglanté. Ces heures folles, Lamia Ziadé les a dessinées. L’illustratrice et écrivaine francolibanaise élabore depuis plusieurs années un genre littéraire très personnel, fait de textes et de dessins très colorés, de reproductions de photos tirées d’archives privées ou d’articles de presse. Ingénieux procédé, à la fois subjectif et objectif, pour explorer l’histoire d’un pays qu’elle a quitté à 18 ans. Ici, elle dresse un mausolée aux victimes de la catastrophe, et au fil des pages, la simple succession de leurs visages et de leurs noms crée une émotion intense. Comme dans Ma très grande mélancolie arabe (2017), sa narration se ramifie. A une documentation précise s’ajoutent des souvenirs, comme ceux des manifestations de 2019, à Beyrouth, ou de son enfance pendant la guerre. Cette construction ne doit rien au hasard et sert un propos politique. Car, passé la terreur des premières heures, Ziadé analyse avec amertume l’état du Liban, et s’interroge : “Que s’est-il passé après la guerre ? Pourquoi avons-nous tout raté ? Tous ensemble ?”


S.T., Les Inrockuptibles, avril 2021



Beyrouth à trait tirés

Ses dessins, d’après photos, ponctuent de portraits le récit de l’explosion tragique du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth. Mais au-delà de ses talents de dessinatrice, Lamia Ziadé raconte ici à la première personne l’histoire contemporaine de son pays natal, sa violence, l’année même de sa naissance en 1968, qui est aussi celle de la première pierre posée des silos du port, pour lesquels elle éprouve une passion dès l’enfance. Qu’elle confie ses larmes incoercibles en apprenant la nouvelle depuis Paris, où elle vit, qu’elle décrive la magie des lieux détruits, les scènes bouleversantes jusqu’au coeur des hôpitaux, qu’elle remonte le temps en rendant hommage à ces incorruptibles Libanais, autant de justes sacrifiés sur l’autel des affairistes politiques, Lamia Ziadé écrit son pays natal la révolte au coeur. La ville s’incarne sous ses yeux, tremble avec ses peurs, mais frémit aussi de ses espoirs quand la rue se lève contre le régime. A travers ce lieu emblématique qu’elle fait sien, son port de Beyrouth, elle signe une autobiographie libanaise de mots et d’images qui parlera à chaque lecteur dessins, d’après photos, ponctuent de portraits le récit de l’explosion tragique du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth. Mais au-delà de ses talents de dessinatrice, Lamia Ziadé raconte ici à la première personne l’histoire contemporaine de son pays natal, sa violence, l’année même de sa naissance en 1968, qui est aussi celle de la première pierre posée des silos du port, pour lesquels elle éprouve une passion dès l’enfance. Qu’elle confie ses larmes incoer cibles en apprenant la nouvelle depuis Paris, où elle vit, qu’elle décrive la magie des lieux détruits, les scènes bouleversantes jusqu’au coeur des hôpitaux, qu’elle remonte le temps en rendant hommage à ces incorruptibles Libanais, autant de justes sacrifiés sur l’autel des affairistes politiques, Lamia Ziadé écrit son pays natal la révolte au coeur. La ville s’incarne sous ses yeux, tremble avec ses peurs, mais frémit aussi de ses espoirs quand la rue se lève contre le régime. A travers ce lieu emblématique qu’elle fait sien, son port de Beyrouth, elle signe une autobiographie libanaise de mots et d’images qui parlera à chaque lecteur.

Valérie Marin La Meslée, Le Point, avril 2021



L’alchimiste

Des mots comme des souvenirs qui crèvent le cœur, des dessins comme des temps d’arrêt, Lamia Ziadé évoque sa ville natale de Beyrouth, dévastée. Magique.

« C’est une malédiction, ton pauvre pays ! » C’est par ce texto, le 4 août 2020, que la nouvelle est arrivée à Lamia Ziadé. Elle étaità Paris, où elle vit depuis trente ans, lorsqu’une explosion a dévasté le port de Beyrouth, la ville où elle a grandi.« Les premières images du blast me brisent en mille morceaux», écrit-elle à côté d’un dessin de la détonation, selon le style qu’on lui connaît depuis maintenant quatre livres, chacun plus beau, plus indispensable que le précédent. Il y eut d’abord « Bye Bye Babylone »en 2010, réédité en 2015, récit de la guerre vue par une petite fille de dix ans. «O nuit, ô mes yeux »offrait une somptueuse encyclopédie des pionnières de la musique orientale -Asmahan, Oum Kalthoum, Fayrouz... Venait ensuite «Ma très grande mélancolie arabe », reportage sur les traces des martyrs entre Syrie, Palestine, Liban, Egypte et Irak. À chaque fois, Lamia Ziadé écrit et dessine selon un usage bien à elle. En apparence naïves, presque enfantines, ses aquarelles semblent s’opposer à un texte précis et sans pathos. En réalité, chaque dessin fonctionne comme un silence : il oblige à s’arrêter sur l’émotion, qui se détache de la page comme une chose concrète. Lamia Ziadé travaille en alchimiste. « Mon port de Beyrouth » raconte donc l’explosion telle qu’elle l’a vécue : de loin mais en plein coeur. Elle dessine les visages des victimes, collecte les histoires, reproduit les graffitis contre les dirigeants corrompus, et explique ces bâtiments détruits qui ne sont pour nous que des bâtiments et pour elle des symboles, des souvenirs, sa vie : les immenses silos blancsdu port, le Ring, le cinéma Rivoli ou le troisième bassin, construit par son grand-oncle Henry Naccache, à l’époque pas si lointaine où le Liban portait tant de promesses. Dans la maison de sa grand-mère, le toit a été soufflé et détruite la façade avec ses belles fenêtres en ogive. Pourtant les verres sont restés intacts dans le grand vaisselier, « sortilège des objets », dit-elle, en nous faisant passer du côté intime de l’histoire, loin du flot anonyme des nouvelles du monde. Livre d’amour, de deuil et de colère, il s’achève en janvier 2021, alors que la thawra, la révolution, cherche un nouveau souffle. Lamia Ziadé la suit chaque jour avec espoir, sans se détacher des photos des silos - mutilés d’un côté par l’explosion, mais de l’autre, bien blancs, bien droits. «J’y vois un signe, tout n’est pas perdu. »


Marguerite Beaux, Elle, avril 2021


Son

Lamia Ziadé, Mon port de Beyrouth, Lamia Ziadé invitée d'Emmanuel Kherad Librairie francophone Livre Inter

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