Pas dormir   

Marie Darrieussecq

« J’ai perdu le sommeil. Je me suis retournée sur mes pas et il ne me suivait plus. Il s’était détaché de moi, et j’errais sans lui dans la nuit. »

Marie Darrieussecq souffre d’insomnie depuis des années, comme beaucoup d’entre nous. Elle raconte dans ce livre l’aboutissement de vingt ans de voyage et de panique dans lalittérature et dans les nuits. Vingt ans de recours désespérés et curieux, parfois très drôles, à toutes sortes de remèdes – pharmacopée, somnifères, barbituriques, méditation, exercice physique, tests, chamanisme, technologie, recettes et expédients divers… Mais ce livre est...

voir tout le résumé du livre >>

 

Consulter les premières pages de l'ouvrage Pas dormirFeuilleter ce livre en ligne

 

Marie Darrieussecq

Voir la biographie et la bibliographie de Marie Darrieussecq

 

La presse

Marie Darrieussecq ne dort jamais


Si vous avez l’habitude de pioncer comme un bébé , méfiez-vous : ce livre risque de vous faire perdre le sommeil. Marie Darrieussecq, grande insomniaque devant le Très-Haut, y raconte ses nuits, et c’est troublant. De ses heures de veille involontaire, elle tire des comparaisons glorieuses (tous les personnages importants et les grands écrivains semblent vivre éveillés nuit et jour), des récits hilarants, des rencontres poignantes. Une méditation illustrée, personnelle et qui vous ouvre les yeux, dans tous les sens du terme.


Anne Kiesel, Ouest France, 15 août 2021



Impression sommeil levant

" Pas dormir", de Marie Darrieussecq : un récit stimulant qui tient en éveil et met la puce à Voreille (1).

« AUTREFOIS, je dormais.» Aujourd’hui, la pharmacie de Marie Darrieussecq est pleine : « Je carbure aux barbituriques, je savoure les soporifiques, je biberonne aux benzodiazépines, je végète aux sédatifs, je narcose aux hypnotiques.»

En cas d’échec, restent les livres et cette découverte : « Sur tous les continents, la littérature ne parle que de ça.» « Ça», c’est-à-dire l’insomnie, ce drame joué sur «l’écran noir de mes nuits blanches », comme le chantait Nougaro. « Vingt ans de voyages et de panique dans les livres et dans mes nuits », à fréquenter Kafka (le « saint patron de l’insomnie»), à repérer les frères de douleur (« On a retenu de Proust son asthme plus que son insomnie ») pour supporter ce calvaire...

Aux ignorants qui croient qu’en ne dormant pas on gagne des heures de loisirs ou de travail, Marie Darrieussecq rappelle que la privation de sommeil est une torture, pratiquée aujourd’hui « en Chine, à Guantanamo, en Arabie Saoudite, au Maroc ». Et qu’à l’origine de nombreuses morts célèbres il y a l’abus des somnifères (« Combien de stars sont ainsi mortes dans l’espoir de dormir ? » Réponse : Michael Jackson, Jimi Hendrix, Judy Garland, Prince. Triste extinction des feux...

Une alternative à la chimie ? La romancière a tout essayé ou presque : la psychanalyse (« qui m’a sauvé la vie mais pas du tout endormie »), le jeûne et ses contraintes (« Dormir la nuit me prenait toute la journée »), le mariage (« deux fois »), sans oublier la classique bouteille (« L’alcool m’aide à m’endormir »). Un cas désespéré ? Le propos s’élargit et dépasse le « sujet Darrieussecq », comme elle s’appelle elle-même. C’est toute l’humanité qui perd le sommeil : « Les progrès de l’insomnie sont remarquables et suivent exactement tous les autres progrès. » La société de consommation veut décidément des insomniaques (« Ouvert 24 heures sur 24 : voilà désormais le mot d’ordre »), des sommeils de synthèse, des grandes villes qui ne dorment jamais, des hyper-éclairages qui tuent la nuit.

Et dans les zones sans réverbères ? Dans ce récit de voyages agrémenté de photos et de vignettes piquantes, on suit la bourlingueuse Marie Darrieussecq dans une forêt profonde du Cameroun, cherchant le sommeil sous des arbres géants, au coeur d’une nuit épaisse et bruyante où des centaines d’espèces invisibles font ressentir physiquement cette évidence : « Nous marchons au milieu des plantes et des animaux, nous nous déplaçons dans du vivant, nous en faisons partie. »

Chez soi, on peut se contenter de regarder son chat dormir voluptueusement. Et se rappeler que, même parmi les espèces qui ont du souci à se faire, aucune ne souffre d’insomnie. Ce qu’avait bien vu, au XVIII’ siècle, le naturaliste Daubenton : « [Les animaux] dorment et nous veillons. » Au classique « Debout ! Réveillez-vous ! », Darrieussecq préfère : « Couchons-nous ! Et roupillons ! »

Enfin, essayons...

Frédéric Pagès, Canard enchaîné, 8 septembre 2021



PAS DORMIR

Insomniaque, l’écrivaine explore nos 1001 nuits blanches. Un récit intimiste où s’invitent la science, la philosophie, Proust, Kafka, Duras...

« Qui est-ce qui ne dort pas quand je ne dors pas?» s’interroge Marie Darrieussecq aux premières pages de Pas dormir, passionnant et poétique opus, relevant tant du récit intimiste que de l’essai méditatif, dont elle déroule les chapitres comme autant de variations, tout ensemble autobiographiques, littéraires, pratiques, scientifiques, autour du thème de l’insomnie. Car celle qui fut jadis une insoucieuse dormeuse, parfaitement inconsciente de sa félicité, s’est métamorphosée, il y a vingt ans, en sentinelle de la nuit. Rejoignant la cohorte nombreuse, épuisée et anxieuse de ceux auxquels le repos se refuse, non pas à l’occasion, mais avec obstination. « On veille quand il n’y a plus rien à veiller et malgré l’absence de toute raison de veiller», écrit Levinas, sobre et limpide. Il est l’un d’eux, que Marie Darrieussecq convoque en même temps que Proust, Hemingway, Duras, Handke, Cioran, Kawabata ou Alix Cléo Roubaud. Des plasticiens aussi, dont les images émaillent le récit.

À leurs côtés, Robert de Montesquiou, magistral et concis : comment peut-on dormir, s’interroge le poète dandy, alors même que, dans le sommeil, « notre décès futur fait son apprentissage/ Et l’homme, chaque nuit, se mesure au tombeau». Et il y a encore Kafka, sur tout Kafka, que des frayeurs et des spectres réveillaient au milieu de la nuit, tel cet enfant aux joues rouges, ce « petit habitant des ruines» qu’il raconte dans son Journal, ce « petit fantôme [qui] surgit du fond du couloir obscur. Il ne me manquait plus que cette visite, qu’à vrai dire j’attendais», ajoute l’écrivain.

« Dormirais-je si je n’étais pas hantée?» s’interroge à son tour Marie Darrieussecq, que le fil de ses réflexions sur « la folie du non-sommeil» entraîne dans un premier temps vers des réflexions personnelles, graves ou légères, fragments hétérogènes d’un autoportrait d’une belle franchise : sur ce frère aîné mort enfant et qu’elle n’a pas connu; sur le catalogue des remèdes médicamenteux dont elle teste depuis vingt ans l’efficacité très relative ; sur les méthodes alternatives plus ou moins fantasques (de l’hypnose au jeûne, en passant par la gravity blanket : la couverture lestée...) auxquelles elle s’est essayée ; sur l’alcool dont elle a un temps usé, et même abusé, comme palliatif anxiolytique; sur les rêveries inquiètes, pas toujours fécondes, qui se présentent à l’insomniaque lorsqu’il se trouve dans la « zone hypnagogique», c’est-à-dire entre veille et sommeil : « L’insomnie est un ravin. Ceux qui cherchent le sommeil y luttent avec des ombres et déboulent dans des pierriers. L’insomniaque ressemble à ce prince ferraillant dans les ronces et demandant inlassablement son chemin vers le château de la Belle au bois dormant.»

Le livre et la pensée de Marie Darrieussecq avançant, la porte de sa chambre des supplices s’entrouvre. « L’insomniaque gît dans une chambre paradoxale: à la fois tombeau et entrée vers d’autres mondes», écrit-elle. De fait, dans sa méditation, sensible autant que philosophique, prennent place d’autres expériences que la sienne : les nuits sans sommeil des sans-abri, des réfugiés de la jungle de Calais ou d’ailleurs, des rescapés du génocide au Rwanda; nos nuits à tous, baignant désormais dans la lumière bleue des écrans jamais déconnectés et devenues l’enjeu d’un système capitaliste rétif à tous les temps morts, qu’ils soient diurnes ou nocturnes... En contre-exemple et contrepoint de ces repos refusés, pourquoi ne pas s’abîmer dans la contemplation de l’énigmatique torpeur d’un animal - en l’occurrence, Odette, le chien de Marie Darrieussecq: « Quel calme, quel abandon. Quelle économie de nerfs. Un tel savoir-vivre: dormir dès qu’on n’est pas requise...»

Nathalie Crom, Télérama, 8 septembre 2021



Marie Darrieussecq (Pas dormir) : « La littérature ne parle que de ça. Comme si écrire c’était ne pas dormir »


Un jour Marie Darrieussecq a perdu le sommeil, qu’elle pensait pourtant son ombre. Dans Pas dormir, l’autrice se plie aux scenarii alternatifs que lui dictent ses insomnies : penser, lire, écrire, chercher ce qu’une trinité tutélaire (Kafka, Cioran, Proust) et tant d’autres auteurs ont eux aussi traversé. Ce livre est « le résultat de vingt ans de voyage et de panique dans les livres et dans mes nuits ». Mais il est surtout une manière radicalement autre de se dire, une forme d’autobiographie par l’insomnie qui échappe à toute limite formelle parce que son sujet est, en définitive, l’éveil, à soi et au monde.


Lisez l’intégralité de l’article de Christine Marcandier sur Diacritik (13 septembre 2021).



La nuit, « je » ne ment pas

Il ne faut pas forcément être insomniaque pour s’intéresser à l’insomnie, ni pour être saisi et touché par le livre que Marie Darrieussecq lui consacre sous le titre, abrupt et enfantin, de Pas dormir. Et justement, d’un enfant, il sera douloureusement question au cœur de cette collection de lectures nocturnes, dans laquelle le moi insomniaque se met en veilleuse.


C’était il y a longtemps déjà. En 2010, Marie Darrieussecq publiait Rapportde police (P.O.L), essai à la fois érudit et subjectif sur la calomnie en littérature. Le livre intervenait à la fois pour répondre aux accusations de plagiat dont elle avait été l’objet de la part des écrivaines Marie NDiaye et Camille Laurens, mais aussi pour débusquer un motif invisible de l’histoire des textes et des écrivains. Avec Pas dormir, elle procède de manière identique, mais tire un fil différent : enquêtant parmi les textes, les images, les histoires, les expériences, les savoirs, elle restitue son cheminement pour traiter d’un sujet très personnel autant que très commun.


Lisez l’intégralité de l’article de Pierre Benetti sur En Attendant Nadeau (9 septembre 2021)

Agenda

Samedi 25 et dimanche 26 septembre
Christine Montalbetti, Célia Houdart, Alain Guiraudie, Marie Darrieussecq et Emmanuelle Salasc aux Correspondances de Manosque

Pour plus de renseignements

04 92 75 67 83
contact@correspondances-manosque.org

Bureau des Correspondances
Hôtel Raffin
3 bd Élémir-Bourges
04100 Manosque

voir plus

Jeudi 21 octobre à 19 heures
Marie Darrieussecq à la librairie Rive gauche (Lyon)

Librairie Rive gauche
19 rue de Marseille
69007 Lyon

voir plus

samedi 6 novembre
Marie Darrieussecq à Bayonne

Librairie Hirigoyen  5 Rue Port de Castets, 64100 Bayonne

voir plus

Mardi 16 novembre à 19h
Marie Darrieussecq à la librairie Le Square (Grenoble)

Libriaire Le Square
2 place Léon Martin
38 000 Grenoble

voir plus


Et aussi

Marie Darrieussecq Prix des Prix 2013
voir plus

Marie Darrieussecq, Prix Médicis 2013
voir plus

Nous sommes Charlie, par Marie Darrieussecq
voir plus





© P.O.L 2019 | Crédits | Mentions légales