Journée particulière   

Célia Houdart

C’est le récit d’une étrange demande que formule un jour un ami photographe, Alain Fonteray, à Célia Houdart : qu’elle écrive le récit d’une rencontre unique, qui le hante. Plusieurs années auparavant, celui-ci croise par hasard dans Paris le grand photographe américain Richard Avedon : dans un café, un homme, assis un peu plus loin, se lève, s’approche d’Alain Fonteray et d’une amie et leur demande s’il peut faire leur portrait. L’inconnu les remercie et s’en va avec une femme rousse. Quelques minutes plus tard, la femme rousse revient dire à Alain Fonteray que l’homme qui les a pris en photo est Richard Avedon. Alain Fonteray, qui...

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Célia Houdart

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La presse

CÉLIA REGARDE ALAIN QUI REGARDE RICHARD

Avec Journée particulière, Célia Houdart confirme toute la grâce assez mystérieuse de son écriture.

C’était un jour d’il y a trente ans dans un café de Paris. Un homme aux cheveux blancs qui s’y trouve en compagnie d’une belle femme rousse s’approche d’une table voisine où le photographe Alain Fonteray est lui-même en compagnie. Il lui demande s’il peut les prendre tous les deux en photo et pour se faire s’empare de l’appareil de Fonteray en précisant savoir parfaitement s’en servir. Celui-ci y consent et s’aperçoit quelques minutes plus tard que l’homme en question est son maître absolu, peut -être le plus grand portraitiste du siècle, Richard Avedon. Alors, à son tour, il va lui demander s’il peut le photographier aussi, lui et sa compagne, Nicole Wisniak, fameuse créatrice du magazine Égoïste.

Les choses auraient pu en rester là. Une belle histoire à raconter, deux clichés à montrer. Sauf qu’il y a dans ces rencontres quelque chose qui participe moins du hasard, fût-il heureux, que d’une forme de magie mystérieuse. C’est pourquoi Alain Fonteray, connu pour être l’un des plus grands photographes de la scène théâtrale de ces dernières décennies, va demander à son amie Célia Houdart - à qui rien de ce qui relève de cette sorte de clandestinité de l’art n’est étranger - d’écrire quelque chose sur ce chassé - croisé entre Avedon et lui. Elle va s’y employer en prenant les choses comme elle le fait toujours dans son travail d’écrivain : par le zig et le zag, un truc qui en appelle un autre, la vie d’Avedon et le café qui a présidé à cette rencontre, en enquêtrice à la fois minutieuse et follement libre. Il en résulte moins un collage qu’un hommage au grand photographe américain parmi les plus beaux que l’on ait pu lire. Mais Journée particulière est aussi un livre de transmission, entre Alain Fonteray et elle, et, d’une certaine façon, d’elle à elle-même, de celle qu’elle est aujourd’hui à l’enfant qu’elle fut auprès de ses parents comédiens. Ce kaléidoscope déploie ses formes et ses couleurs avec une grâce infinie. Ce qui est interrogé ici, c’est l’étrangeté des choses et la transfiguration que leur offre l’art. C ’est le temps qui passe, l’oubli qui menace et les épiphanies que parfois offre la vie. Et qui ne sont rien sans être réinterprétées par le prisme compréhensif d’une écriture, d’un style, d’une leçon de choses et de poésie.


Olivier Mony, Livres Hebdo, 7 octobre 2021



Double portrait au Petit Suisse


Le photographe Alain Fonteray raconte à la romancière Célia Houdart une anecdote qui ne cesse de le hanter. Un jour, dans un café parisien, un homme le photographie avec une amie. Cet homme, c’est Richard Avedon, un des photographes majeurs du XXe siècle. Alain Fonteray ne l’a pas reconnu tout de suite, mais court dans la rue, le rattrape, et lui demande la permission de le prendre en photo à son tour, avec sa compagne, dans le même café. Les deux hommes ne se reverront jamais. Célia Houdart revient dans les lieux où le double portrait a été pris, au Petit Suisse, et mène une enquête. Elle revisite sa propre histoire, les oeuvres d’Avedon et de Warhol, le film d’Ettore Scola Une Journée particulière. Si le livre semble flotter, c’est pour mieux dessiner par touches une esthétique : celle du flou, de la digression, associant et rassemblant des images, comme si l’auteure cherchait une prise, une entaille, pour mieux ouvrir et explorer le réel. Elle interroge la résonance que des événements apparemment anodins laissent en nous, toutes ces «journées particulières» qui nous constituent. Notre vie est un tissu de rêves, de souvenirs, d’oeuvres d’art, qui se superposent. C’est toute la valeur de ce court récit: apprendre à regarder les histoires que les hommes et les femmes portent en eux, la façon dont elles se répondent. En toute modestie, une leçon de regard et d’écriture.


Julien Burri, Le Temps, du 16 au 17 octobre 2021


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