Falstafe   

d’après Henri IV de Shakespeare

Valère Novarina

Cette pièce reprise au Théâtre national de Chaillot du 12 mars au 5 avril 2008, dans une mise en scène de Claude Buschwald, a été écrite par Valère Novarina en 1975 à partir des première et deuxième parties d’Henri IV de Shakespeare et en prenant comme personnage central celui de Falstaff : « non un homme, mais une barrique à figure humaine, sac de toutes les bestialités, boyau gonflé de tous les vices ! […] ce gueux suborneur abominable et bas, ce dindon empiffré de farce jusqu’au col, ce paquet boursouflé de toutes les infamies, ce vieux Satan blanchi, ce fou couvert de rides ».

 

 

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Valère Novarina

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La presse

On connaît l’histoire : Henri IV, roi d’Angleterre, fait assassiner son puissant rival Richard II (la pièce s’ouvre sur cette scène), son fils file du mauvais coton. Ce jeune prince désinvolte passe d’orgies en débauches accompagné de joyeux filous et du brigand Falstafe, trousseur de jupons et jouisseur invétéré. Pendant ce temps la guerre gronde. D’un grand classique emprunté à Shakespeare, Novarina crée une oeuvre personnelle. Si rien n’est oublié des enjeux du pouvoir et des luttes sanglantes, le personnage essentiel reste Falstafe et surtout le langage. Tantôt extrêmement mesuré, tantôt débordant, truculent, rabelaisien organique. « Arrière, pisse-vinaigre, peau d’anguille, poulet froid, fente de fesses, lance de chien, jousse de gros, gode de pape... tibia ! trou sec ! tronche de rat, tranche de drap, touche de pas, turche d’oblat, truche de bras, torche de gras, troche de glas ! » On sait ce que la poésie et le théâtre doivent à Novarina qui fut philologue.


Jean-Jacques Bretou, Cahier critique de poésie, Mars 2008




Falstafe ou l’hymne à la jeunesse


Ivrogne, menteur, irresponsable. Falsfate résume à lui seul tous les vices de l’humanité. De son vrai nom Sir John Falstafe, ce personnage shakespearien secondaire devient central dans la variation écrite par Valère Novarina en 1975, récit initiatique comique et lyrique de l’histoire du Prince Henry, futur Henry V.


Le très british Falstafe se mue alors en Falstafe, ventripotent à souhait, maître dans la débauche du jeune prince d’Angleterre qui dilapide, au grand dam de son père, son temps et son énergie à suivre les frasques de ce soldat fanfaron, rêveur et poltron notoire. Si le prince est rappelé à cet affrontement inévitable entre deux mondes, deux théâtres, Falstafe, préférant mille rôles à celui de l’adulte qu’on voudrait qu’il endosse, s’obstine à demeurer jeune, malgré vieillesse, bedaine et calvitie, déterminé à remplacer la vertu et l’honneur par l’illusion et la légèreté, usant de cet art de vaincre la mort en la jouant. Dans cette comédie un brin déjantée qui s’appuie sur une langue rageuse et survoltée, couardise et gourmandise font bon ménage. Et la Compagnie de la jeunesse aimable s’en empare de façon très festive. Adressée aux enfants autant qu’inspirée par eux, la version de Lazare Herson-Macarel resserre le propos sur le rapport ludique que Falstafe entretien avec le réel. Si pour Shakespeare le monde entier est une scène, pour Falstafe la vie entière est un jeu. Une fête à part entière, un hymne à la joie d’exister.


Eure Infos, Le Journal d’Evreux, février 2017.


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