Rapport de police   

Accusations de plagiat et autres modes de surveillance de la fiction

Marie Darrieussecq

Accusée à deux reprises de plagiat – une première fois par Marie NDiaye en 1998 – et plus récemment par Camille Laurens, Marie Darrieussecq a voulu comprendre ce qui lui était arrivé et, bien sûr, se défendre de cette accusation renouvelée. Elle s’est donc penchée sur la notion de plagiat, sur l’histoire de ce concept à travers la littérature. Elle s’est aperçue que nombre d’écrivains, et pas des moindres, ont eu à subir cette accusation. Et s’il ne s’agit pas de banaliser par le nombre – tous plagiaires – il s’agit de se demander comment on en arrive là. À quoi sert-elle, cette...

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Marie Darrieussecq

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Traductions

Italie : Ugo Guanda Editore | Japon : Fujiwara | Roumanie : Pandora

La presse

Marie Darrieussecq riposte avec Rapport de police aux accusations de plagiat émises par Camille Laurens, et répond à nos questions.


L’Express Cet essai, écrivez-vous, a pompé votre énergie, retardé l’écriture de vos romans. Alors, pourquoi tout ce travail ? Un sentiment d’urgence ?
M. D. Il y a un moment où il faut se mettre en colère, par survie. J’ai écrit ce livre pour me soigner thérapeutiquement et pour aider les futurs écrivains incriminés. Le plagiat est un sujet qui ne m’intéresse pas mais j’ai été obligée de me pencher dessus car on m’en a accusée deux fois au moins. C’était très douloureux et très salissant. Je me suis alors posé la question : Pourquoi moi ? Est-ce arrivé à d’autres ?

E. Vous décidez donc d’écrire sur le plagiat dès l’automne 2007 ?
M. D. Oui, je suis alors dans un grand état de rage et je me sens atteinte dans mon honneur d’écrivain. Camille Laurens me reproche d’écrire à la première personne sur un sujet très douloureux que je n’ai pas vécu, la mort d’un enfant. À la limite, admettons. Mais, comme elle veut m’assassiner symboliquement, elle ajoute le mot « plagiat » - elle sait que cela fait très mal et que Marie NDiaye m’a accusée une première fois en 1998 -, incrimine notamment une phrase, qui est en fait une phrase prononcée par ma mère : « Je n’en veux pas un autre, je veux lui, le même. » Toutes les mères qui ont perdu un enfant ont dû dire la même chose. Ainsi fonctionne la calomnie : comme le sparadrap du capitaine Haddock, elle ne vous lâche plus.

E. Comment expliquer cette attitude ?
M. D. Le problème, en général, c’est l’autre. Et ce problème est exacerbé dans le champ littéraire en raison des conditions de travail solitaires de l’écrivain et du narcissisme de l’écriture. On veut être le seul écrivain ! Alors l’arme pour se débarrasser de l’autre est ce que j’appelle la « plagiomnie », l’accusation calomnieuse de plagiat. C’est tout bénéfice de s’affirmer plagié : on est un auteur important, puisqu’on est digne d’avoir été plagié. Surtout dans une époque propice au concours de victimes.

E. Le fait que vous soyez publiées par le même éditeur, Paul Otchakovsky Laurens (P.O.L.), a-t-il compliqué la donne ?
M. D. Oui, en pyschanalyse, d’être le préféré du père. Ce « complexe fraternel », dont parle Freud, est particulièrement actif dans les petites maisons comme P.O.L. Par ailleurs, je pense payer là ma dette pour le best-seller inattendu Truismes. On peut payer ce genre de succès en cocaïne et en accident de Porsche comme Sagan, on peut aussi le payer en emmerdements. Tout en n’étant pas exempte de drames familiaux, je suis plutôt douée pour le bonheur, cela dérange également. Enfin, mon côté normalienne énerve. Il y a une dimension sacrificielle, au fond. Je suis très désillusionnée, désabusée, car si je trouve légitime qu’on n’aime pas mes livres, je ne supporte pas cette accusation-là.

E. Au point, écrivez-vous, de vous être métamorphosée en laie du Pays basque, d’avoir arrêté de lire les suppléments littéraires, de regarder les blogs...
M. D. Surtout les blogs, en effet, qui me semblent relever d’une France très poujadiste. C’est le royaume de l’opinion non vérifiée, de l’avocat qui se fait juge, de l’accusé dénoncé comme coupable. C’est le lynchage permanent.

E. Mais les plagiaires existent, tout de même ?
M. D. Oui, bien sûr. Mais je pense que ce ne sont pas des écrivains, ce sont des « écrivants », comme disait Barthes, des gens qui bricolent, font des copiés-collés ou qui n’écrivent pas eux-mêmes leur livre. Etre dans le même sac que ces crapuleux ou ces cas pathologiques est injurieux.

E. Vous préférez vous retrouver aux côtés d’accusés célèbres, comme Mandelstam ou Zola...
M. D. Oui, je me trouve très bien accompagnée. Au début de mes recherches, un petit livre, Ce qui alarma Paul Celan, d’Yves Bonnefoy m’a fait du bien. Si lui, le grand poète, avait été accusé de plagiat, cela pouvait tomber sur n’importe qui. Et en effet, je me suis aperçue que nombre de grands littérateurs des XIXe et XXe siècles, Mandelstam, Celan, Daphné du Maurier, Zola... avaient été attaqués. Le comble de l’absurde !

E. Vous vous sentez très proche du Yougoslave Danilo Kis, que l’on a accusé de « vol spirituel et d’absence de citation » ?
M. D. Il a su relier clairement cette accusation à tout ce qui se tramait de nationalisme, d’identité rance, de repli sur soi, en Serbie, dans les années 1970. Il a perçu l’omniprésence de mots d’ordre très kitsch, qui ramènent la littérature à des valeurs patrimoniales. Quand j’ai écrit sur les fantômes, dans un pays où, en effet, il n’y avait pas beaucoup de jeunes auteurs adeptes de ce que l’on peut appeler le réalisme fantastique, Marie NDiaye s’est sentie menacée sur un territoire qu’elle considérait comme sa propriété privée. C’est très conservateur, frileux et dangereux. Car, comme Camille Laurens, elle reprend à son insu le vocabulaire des dénonciations à la Léon Bloy.

E. Vous identifiez-vous aussi à Daphné du Maurier, qui a été accusée par deux femmes ?
M. D. En effet. Toutes ces femmes rendent un très mauvais service à la littérature des femmes. Comme disait Daphné du Maurier aux plaignantes lors de son procès aux États-Unis : « Est-ce que ces deux dames pourraient décider entre elles laquelle des deux a écrit mon livre ? » (Rires.) Cela dit, elle avoue en avoir pratiquement perdu la boule.

E. Certains accusés, rappelez-vous, en viennent à se suicider comme Celan ou Maïakosvki...
M. D. Dans le cas de Maïakovksi, il s’agit d’épuisement nerveux. Comme il déplaisait à Staline, le KGB a organisé une accusation montée de toutes pièces pour l’abattre. Mandelstam, autre réprouvé, a réagi par l’attaque frontale. Dans un premier temps, d’ailleurs, sa femme pense qu’il gonfle démesurément son histoire de plagiat. Souvent, les proches ne comprennent pas à quel point la charge blesse.

E. « Imaginer, c’est blasphémer », écrivez-vous. Qu’entendez-vous par là ?
M. D. Là, il ne s’agit plus de plagiat. Pour certains, la fiction ne serait qu’une pâle copie des écrits qui disent le vrai, la vie. Le roman peut dire la vérité, rendre compte du monde, de façon aussi légitime que l’autobiographie ou l’autofiction. Le problème, c’est qu’on assimile aujourd’hui fiction et mensonge. La fiction est d’ordre esthétique, le mensonge relève de la morale, cela n’a rien à voir.

E. L’anathème jeté sur la fiction est vieux comme le monde, non ?
M. D. En effet, il date de Platon, qui affirme qu’« Homère n’a pas le droit de parler de la guerre, puisqu’il ne l’a pas faite. » Aristote, lui, dira que la tragédie, l’épopée libère le monde de sa violence. Aujourd’hui encore, Platon et Aristote continuent de s’affronter.

E. Dans son dernier livre, Romance nerveuse, Camille Laurens fait allusion à vos écrits  : « Nous voulons des romans d’amour, pas des romans sur l’amour, des livres de deuil, pas des livres sur le deuil. » Que lui répondez-vous ?
M. D. Cet usage du mot roman me laisse perplexe. Moi, je suis délibérément dans la fiction. Tom est mort ne parle de personne. Autant, j’adore l’autofiction à la Blaise Cendrars ou à la Hervé Guibert, à qui, comme disait Foucault, « il n’arrive que des choses fausses », autant je ne comprends pas très bien les autobiographies déguisées. Au fond, Christine Angot est parfaitement honnête. Elle empiète sur la vie des gens, certes, mais elle écrit sous son nom. C’est très culotté, audacieux. Elle invente quelque chose.

E. Camille Laurens écrit qu’elle aurait avalé la couleuvre si vous lui aviez dit que son récit vous avez inspirée...
M. D. Mais pourquoi lui en aurais-je parlé ? Quelle outrecuidance de s’imaginer au centre de mon roman, de penser que j’ai écrit ce livre en pensant à elle et pas à ma mère ! Je suis très en colère. On ne sera jamais réconciliées, c’est comme ça.

E. Avez-vous lu le dernier roman de Marie NDiaye, Trois femmes puissantes, prix Goncourt 2009 ?
M. D. J’ai cessé de la lire. Cela ne me fait plus aucun plaisir. Mon masochisme a des limites. Je pense qu’elle ne lit pas les miens, non plus.

E. Vous appréhendez la sortie de Rapport de police ?
M. D. Oui. Je suis marquée au sceau de la plagiomnie. Alors tout est possible dans cet univers déraisonnable. Et rien ne m’amuse dans tout cela – c’est la première fois de ma vie que j’ai écrit un livre sans plaisir.

E. Craignez-vous d’être plagiée ?
M. D. Non, le mieux qui puisse arriver à un écrivain c’est d’avoir une postérité. Ma plus grande peur est de m’autoplagier.


Marianne Payot, L’Express, jeudi 7 janvier 2010



Marie Darrieussecq a été accusée de plagiat par Marie NDiaye et Camille Laurens. Elle leur répond dans un essai littéraire ambitieux. Rencontre



Février 1998. Marie Darrieussecq publie son deuxième roman, Naissance des fantômes. Elle est déjà célèbre pour s’être rêvée en truie deux ans auparavant. Les journalistes se précipitent sur ce petit bout de Kafka sorti de Normale sup. Huit jours plus tard, ils reçoivent la lettre d’une autre jeune prodige, dont l’oeuvre est plus épaisse et la notoriété plus discrète. C’est Marie NDiaye, qui crie à la « singerie » avec une violence qu’on ne lui connaissait pas.
Septembre 2007. Marie Darrieussecq sort Tom est mort, dans lequel elle imagine la perte de son fils. Camille Laurens y reconnaît Philippe (1995), le livre écrit d’une traite pendant son deuil maternel. Egalement publiée chez POL, elle parle de « plagiat psychique ». Darrieussecq aurait-elle pour les livres qu’elle aime une dévotion de moine copiste ? Sa réponse est un gros essai, Rapport de police. La calomnie « plagiomniaque », nous dit-elle, est un phénomène vieux comme la littérature. Elle en dévoile les sources.

Le Nouvel Observateur Qu’est-ce que la « plagiomnie » ?
Marie Darrieussecq Soyons clair, la contrefaçon existe. Mais ce n’était pas mon sujet. J’appelle « plagiomnie » la dénonciation calomnieuse de plagiat. A l’origine, on trouve un désir fou d’être plagié. C’est tout bénéfice : on s’imagine une reconnaissance qu’on n’a pas forcément, puisqu’on est digne d’être copié. On se pose comme auteur qui compte, comme victime aussi. Et par les temps qui courent, être victime, c’est une assurance de respect, d’attention médiatique. L’exemple le plus marquant est celui de Daphné Du Maurier, l’auteur de Rebecca. Deux femmes, sorties de nulle part, disent chacune qu’elles l’ont écrit. Preuves à l’appui. L’une d’elles, une Américaine, croit que des éditeurs ont subtilisé son manuscrit, l’ont fait sortir en fraude des Etats-Unis... Ca lui semblait plus plausible que d’imaginer Du Maurier en train d’écrire un roman. Du Maurier mettra dix ans à gagner son procès. Dix ans pour rien.

N. O. Peut-on parler de propriété en littérature ?
M. D. C’est très compliqué. La littérature n’est pas un territoire qu’on peut séparer avec des frontières, des piquets et des douaniers qui demandent Propos recueillis par David Caviglioli: «Poètes, vos papiers » Quand on écrit, on est constamment sous influence. Je suis sous celle de Duras, Joyce, Faulkner, Perec. J’écris parce que j’ai lu, non parce que j’ai ressenti des choses dans mes tripes. Je n’aurais pas réussi à penser ma vie si des mots n’étaient pas venus m’éclairer. Je me suis appropriée par le style des mots qui, au départ, n’étaient pas les miens.

N. O. L’étymologie latine de « plagiat » renvoie à l’idée de propriété...
M. Darrieussecq Ca a signifié « voleur d’esclave », puis « voleur d’enfant ». On dit souvent que les Anciens se copiaient les uns les autres, se réinterprétaient sans arrêt. Or l’accusation de plagiat est aussi vieille que cette pratique. Il y avait une tolérance, mais quand on voulait se débarrasser d’un auteur, comme c’est arrivé à Épicure, on utilisait cette arme. La figure du voleur d’enfant, c’est le mal absolu. Le plagiat introduit l’idée de l’écrivain repoussant.

N. O. Que vient faire la justice là-dedans ?
M. D. Hors des cas de contrefaçon, elle éprouve une gêne, avec ces affaires de plagiat. Elle est appelée à remarquer ce qui se ressemble. Or ça marche avec presque tous les livres. J’ai pris Une partie de campagne de Maupassant et Les Raisins de la colère de Steinbeck : les similitudes sont incroyables. Le juge laisse de côté les dissemblances. La jurisprudence est confuse et s’en remet à son impression de lecture. Une universitaire parle de « l’invention du lecteur moyen ». Et ça rejoint la mythologie tripière qui veut qu’on lise avec son estomac plutôt qu’avec son cerveau.

N. O. Et pour vous, cette obsession du plagiat nie la possibilité du roman...
M. D. C’est un phénomène qui remonte à Platon et sa célèbre haine de la fiction si on n’a pas vécu ce qu’on écrit, on l’a forcément copié. Pour certains écrivains, notamment d’autofiction, le roman ne serait qu’un pâle reflet de l’autobiographie, voire un plagiat. Un « pagiat psychique », comme disait Camille Laurens. Ceux-là ne croient pas à l’imagination. C’est la controverse entre Chalamov et Soljénitsyne. Chalamov disait qu’on peut écrire sur le goulag sans y être allé, que c’est même un devoir. Soljénitsyne n’était pas tout à fait d’accord. C’était un débat précurseur ma génération a la lourde charge de prendre la relève des témoins. Ceux de la Shoah sont en train de mourir. Nous sommes dépositaires d’une parole qui ne pourra être qu’imaginée, si on accorde au roman la même gravité qu’au témoignage. Au-delà de ce cas limite, Camille Laurens m’a reproché d’oser faire parler à la première personne une femme qui a perdu son enfant, sans en avoir perdu. Mais au moment où Albert Camus écrit L’étranger il a perdu sa mère. Boulgakov raconte la mort de son frère Kolia alors qu’il est vivant. Pourquoi serait-ce interdit d’écrire ses cauchemar ? Je trouve ça très étrange.

N. O.Comment expliquez-vous cependant ces accusations répétées contre vous ?
M. D. Quand Marie NDiaye m’a accusée en 1998, je sortais du succès de Truismes. Je la connaissais un peu. À la suite de bisbilles personnelles, qui passaient essentiellement par son mari, elle a été prise d’une jalousie féroce. Et quand on veut tuer un écrivain, on l’accuse de plagiat. Il n’y a pas pire. Camille Laurens me reprochait moins de la plagier que d’avoir écrit ce qu’elle pense inimaginable. Mais en ajoutant le mot plagiat, c’est encore plus vendeur. Et très douloureux : dans ce livre, je parle de gens qui se suicident à cause de ce genre d’accusation. Heureusement, j’ai les nerfs solides. Mais on m’a attaquée dans ma chair.

N. O. Le cas de Paul Celan est en effet terrible...
M. D. A l’origine, il y avait son ami Yvan Goll, un poète. Ils travaillaient ensemble, s’échangeaient des idées. Yvan Goll est mort sans jamais se plaindre de rien. C’est sa veuve, Claire, qui a accusé Celan avec obsession, dans les années 1950 et 1960. Ca a mené Celan en clinique, puis au suicide. Il pensait, je le pense aussi, que c’était une attaque antisémite. Pas forcément de la part de Claire Goll, mais de certains journalistes, ainsi que du Groupe 47, formé en Allemagne autour de Gunter Grass. La calomnie est une forme de rejet de l’Autre, comme l’antisémitisme. Tsvetaeva disait : «Tous les poètes sont des juifs ». Dans beaucoup des dénonciations de plagiaires que j’ai étudiées dont celle de Marie NDiaye, la langue employée puise, souvent à l’insu du dénonciateur, dans un vocabulaire d’extrême droite, dans des images liées aux parasites, à la digestion. C’est la langue de Léon Bloy, qui voyait des plagiaires partout.

N. O. En URSS, l’accusation de plagiat était une véritable stratégie totalitaire...
M. D. Le plus beau cas est celui de Maïakovski. Gorki et lui se détestaient. Une haine très banale, mais il était possible alors de se débarrasser physiquement d’un ennemi. Le KGB a monté de toutes pièces une accusation de plagiat contre Maïakovski. On est allé trouver un obscur écrivain pour crier un peu partout que leurs livres se ressemblaient. Maïakovski avait d’autres ennuis sur le dos, il était épuisé. Il s’est suicidé deux ans plus tard. C’est ensuite arrivé à Ossip Mandelstam. Un pauvre mec qui s’appelait Gornsfeld se figurait qu’il avait été dépossédé. Ca a beaucoup plu à la presse parce que Mandelstam commençait à gêner. Sa lente ostracisation a débuté sur le plagiat. On retrouve ici le rejet de l’Autre. La plagiomnie est une pathologie : on veut être le seul écrivain, éliminer les frères et soeurs, être le préféré du père.

N. O. Vous-même, ne vous êtes-vous jamais sentie plagiée ?
M. D. Le Bébé, où je racontais mon expérience de la maternité, il y a eu un effet de mode dans la littérature française. Je ne me suis pas crue plagiée, mais je me suis offusquée que d’autres osent écrire sur le même sujet après moi. Je me souviens en particulier d’Éliette Abécassis qui avait sorti six mois après un très bon livre, Un heureux événement. J’étais prise d’un accès de mégalomanie.

N. O. Ces accusations vous heurtent-elles encore aujourd’hui ?
M. D. Oui. Lors de l’affaire Marie NDiaye, Philippe Sollers m’avait dit : « Faites très attention. C’est une tentative d’assassinat.» Mes accusatrices savaient très bien où frapper. Surtout Marie NDiaye. Camille Laurens, c’est autre chose, il y avait une part de stratégie. J’avais déjà été accusée, c’était facile de revenir sur ce terrain-là. La calomnie a tendance à s’autonourrir. J’ai découvert que la littérature est un pays très peu accueillant.

Propos recueillis par David Caviglioli, Le Nouvel Observateur, 7 janvier 2010



Agenda

Samedi 14 et le dimanche 15 septembre
Joël Baqué, Marie Darrieussecq et Christine Montalbetti au Salon Le livre sur la Place à Nancy

Le Salon Le livre sur la place a lieu du vendredi 13 au dimanche 15 septembre de 10h à 19h.

Place de la Carrière

54000 Nancy

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le mardi 17 septembre 2019 à 19h
Marie Darrieussecq à la Maison de la Poésie (Paris)

Maison de la Poésie

Passage Moli?re

157, rue Saint-Martin - 75003 Paris

M ° Rambuteau - RER Les Halles

Tarif : 5€ / Adhérent : 0€

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le vendredi 20 septembre 2019
Marie Darrieussecq à la Librairie Le Divan (Paris)

Librairie Le Divan

203, rue de la Convention

75015 Paris

Plus d'informations sont à venir (notamment sur l'horaire de la recontre) sur le site de la librairie.

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du mercredi 25 au dimanche 29 septembre 2019
Bertrand Belin, Marie Darrieussecq et Christine Montalbetti aux Correspondances de Manosque

Le festival se déroulera dans la ville de Manosque, dans plusieurs lieux différents.

Le programme et toutes les informations nécessaires seront bientôt disponibles sur le site du festival.

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le mardi 1er octobre 2019 à 18h
Marie Darrieussecq à la Librairie Mollat (Bordeaux)

Librairie Mollat

Station Ausone

8 Rue de la Vieille Tour

33000 Bordeaux

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le lundi 7 octobre 2019 à 20h
Marie Darrieussecq à la Bibliothèque publique d'information (Beaubourg)

Biblothèque publique d'information

Petite Salle - Centre Pompidou - Niveau -1

Entrée principale, rue Saint-Martin (Piazza)

75004   Paris

Entrée libre dans la limite des places disponibles

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Et aussi

Marie Darrieussecq Prix des Prix 2013
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Marie Darrieussecq, Prix Médicis 2013
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Nous sommes Charlie, par Marie Darrieussecq
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Vidéolecture


Marie Darrieussecq, Rapport de police, Rapport de police - RFI Culture vive (1) -2010

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