Villa Bunker   

Sébastien Brebel

Chaque façade de maison est une déclaration, écrit la mère du narrateur dans une des premières lettres qu’elle adresse à son fils. Dépourvue de tout ornement, noircie par le ruissellement des pluies, la façade de la villa ressemble à une porte de prison. Et c’est en effet une forme de l’enfermement que vont vivre les parents du narrateur en emménageant dans cette villa de front de mer, isolée des autres habitations, dressée sur la falaise comme une menace ou comme un mauvais présage.
D’abord confrontés au mauvais état de la villa, puis à la difficulté d’en établir les plans précis, ses occupants vivent dans...

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Sébastien Brebel

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USA : Dalkey Archive Press, traduit par Andrew Wilson

La presse


Singularité de Sébastien Brebel


La dernière rentrée littéraire aura été propice à l’affirmation, sur la scène française, de romans à l’américaine, ouverts au tohu-bohu du vaste monde, capables d’allier la fiction et l’usage de matériaux documentaires puisant dans la grande histoire. On s’en est réjoui sans trop de nuances, l’air du temps n’étant guère à s’inquiéter de ce qu’un Flaubert aurait pu écrire à la rubrique « littérature-monde  » de son Dictionnaire des idées reçues : « applaudir à tout rompre ».
Avec Villa Bunker, c’est tout autre chose, à contre-courant de cette tendance récente, que nous propose Sébastien Brebel, jeune romancier vivant à Nantes où il enseigne la philosophie. Le titre l’indique d’emblée, il y est question d’enfermement plutôt que de grand large. Certes « villa » fait penser d’abord à villégiature, mais, en l’occurrence, il serait plus pertinent de parler, pour cette grande bâtisse de bord de mer où se retirent les parents du narrateur, d’une « ex-prison », tant la villa en question paraît revêche et mal habitable, transformant peu à peu ses deux occupants en « prisonniers d’une architecture maudite ». Propice au huis clos, l’endroit paraît idéal pour que s’y noue une intrigue puisant dans la névrose familiale. Et le roman semble bien pouvoir emprunter cette piste. Le père, en proie à quelque chose comme une folie Wittgenstein, se retire au dernier étage d’une tour d’angle, où il s’acharne à un « travail de réflexion et de clarification », dont il attend qu’il lui découvre « tôt ou tard la mathématique de la villa idéale ». La mère, enfermée, elle, dans le salon de réception, s’abandonne à la pulsion graphomane qui la conduit à inonder son fils de lettres. Et la névrose maternelle d’épancher sa rancœur (« depuis ton plus jeune âge tu as manifesté ta détestation de toute musique, tu t’es révolté contre la musique que je jouais et contre la musique que j’écoutais »), de récriminer contre la « folie Foucault » du fils (qui est aussi le narrateur). Elle lui reproche d’avoir tout sacrifié à une thèse sur l’auteur de l’Histoire de la folie à l’âge classique, thèse définitivement au point mort. L’enfant, qui déjà se cloîtrait dans sa chambre pour recopier la Seconde Préface de la Critique de la raison pure ou les quarante premières pages de la Psychopathia Sexualis de Krafft-Ebing, est ainsi devenu « un raté ou une sorte de monstre », « tout cela par la faute d’un philosophe mort du sida ». Et le ton acariâtre de la mère n’est alors pas loin de faire songer à celui que Thomas Bernhard prête à ses personnages, avec le même effet jubilatoire pour le lecteur (« est-ce que la philosophie mène là, alors je dis que la philosophie est une maladie mortelle et plus redoutable que toutes les maladies »).



Cependant, dans le huis clos de cette villa bunker, l’auteur, malgré le triangle œdipien, ne nous propose pas plus un roman intimiste qu’un roman familial façon Nœud de vipères. Le roman de Sébastien Brebel ne raconte d’ailleurs pas à proprement parler une histoire. L’auteur note plutôt, sous formes de paragraphes numérotés, les étapes d’une métamorphose, d’un devenir étrange du lieu et de ses habitants. Il agence ce que Deleuze et Guattari nomment, à propos de Kafka, un « voyage-schizo », une « fuite sur place en pure intensité ». Dans l’espace clos d’une villa qui a tout d’un château labyrinthique, ce n’est pas la prise de possession d’un espace familial qui en effet advient (« l’emménagement » n’aura jamais lieu). Bien plutôt, l’auteur s’attache à traquer tous les indices d’une lente « déterritorialisation » qui voit le lieu se détraquer, se creuser d’inquiétants trous noirs. Au point que la réalité finit par devenir indiscernable du rêve (ou plutôt du cauchemar) et les personnages eux-mêmes par osciller entre existence et non-existence, vie réelle et vie fantomatique. Car si la villa s’avère inhabitable, ce n’est pas seulement en raison de son architecture étrange, c’est aussi, au bout du compte, parce qu’elle est hantée par un passé énigmatique et habitée par un fantôme, celui d’un « petit être » dont on ne sait pas au départ s’il est un animal (un rat, un chat) ou un humain. Et quand la mère enfin parvient à le faire parler, c’est une voix d’enfant qu’elle entend, une voix qu’elle croit reconnaître bien qu’il parle une langue inintelligible, inconnue. Le fantôme d’un drame ancien alors affleure et l’on est bien près de passer de l’autre côté du miroir. Car c’est une voix qui n’existe plus, une voix du passé qui parle, et du même coup renvoie au néant de la fiction, du fantasme, la villa, comme si son existence n’avait pour seule réalité que celle d’un être de papier nourri par la graphomanie névrotique de la mère.



Villa Bunker n’est pas un livre qui fait voir du pays, c’est un livre qui creuse. Son mode d’énonciation tout en rumination, la façon qu’y a la phrase d’aller et venir comme à coups de bélier, le parti pris, très kafkaïen, d’une écriture avare de métaphores et rebelle aux volutes ornementales, tout cela contribue, au lieu d’aiguiller l’imaginaire du lecteur vers d’autres mondes, à lui faire saisir la fragilité du nôtre, ses limites, sa propension à se dérober sous nos pieds. Et l’absence de véritable intrigue, loin d’être un défaut, est au contraire ce qui permet au roman, par carottages successifs pourrait-on dire, d’avancer selon l’imparable logique du tour de vis. D’avancer vers l’incertitude et le vide.
Kafka, Beckett ou Thomas Bernhard sont alors les noms qui viennent à l’esprit. Ce sont des auteurs dont on devine que Sébastien Brebel les a beaucoup fréquentés. Il y a, on en conviendra, plus mauvais parrains. Mais ce peut être aussi de bien écrasantes références. Si cependant je me risque à les citer, c’est parce qu’avec Villa Bunker l’auteur n’a pas à rougir de vouloir situer à cette hauteur-là son ambition.


Jean-Claude Pinson, à paraître dans le n° 19 de Place Publique, janvier 2010



Toutes ces nouvelles connexions qui se forment dans notre cerveau en présence de l’inconnu. Est-ce qu’on ne doit pas s’habituer à modifier inconsciemment un nombre incalculable de paramètres dans le seul but de percevoir ce nouveau visage, ces gestes inédits, ce son de la voix inimitable aussi, et simplement pour ne pas confondre l’inconnu avec quelqu’un d’autre. Tout notre être entraîné à son insu dans cette nouvelle manière de voir et de percevoir.


L’extrait ci-dessus porte le numéro 112 d’un roman qui comprend 133 fragments. Les lecteurs du (trop) rare Sébastien Brebel savent combien celui-ci aime les espaces clos. Une voiture sert de refuge au narrateur de Place Forte, un immeuble à celui du Fauteuil de Bacon. Tout naturellement alors nous entrons cette fois-ci dans une villa, inquiétante et labyrinthique, mouvante et floue. Une villa qui n’en est peut-être pas une. Une villa inhabitable. Si –   avec une grande habileté – le roman évite toute allusion au thème de la maison hantée, c’est pour mieux déporter la hantise : ici, c’est le fils qui est hanté, hanté par l’histoire de ses parents, hanté par une villa qu’il ne connaît pas, hanté par sa propre impuissance à répondre en retour (tout comme à écrire la moindre ligne d’une thèse qu’il est supposé préparer). Et –   avançant dans la pénombre du roman – on en vient à se demander si l’architecture de la villa n’obéit pas, avant tout, aux lois de la mémoire (une étrange pièce centrale verrouillée apparaît comme la partie la plus inconsciente de l’esprit, le ça freudien ?). On se souvient que dans le premier roman de Sébastien Brebel, la carrosserie d’une automobile était surtout l’os d’un crâne. Et l’on n’en dira pas plus de cette histoire, laissant chaque lecteur s’approprier cette histoire qui procède par accumulation de touches subtiles, par ressassement d’une langue inquiétante. Disons en conclusion que l’on referme la porte de la villa en emportant avec soi beaucoup de questions, questions qui donnent envie de frapper de nouveau à la porte de la villa.


Éric Pessan, Remue.Net, 12 octobre 2009



La chambre de l'écrivain


Le troisième roman de Sébastien Bredel raconte le délitement des êtres et la fragilité de la mémoire, à travers l'impossible construction d'un chez-soi.



Prenez un lieu familier, simple, comme une maison. Videz-le de toute substance et de tout réalisme. Peuplez-le de cauchemars vagues et d'objets insolites, rappelant lointainement un passé, individuel ou collectif. Faites en sorte qu'il ressemble autant à une villa qu'à un bunker, qu'il soit indescriptible, et en même temps terriblement présent.

Villa Bunker est la chronique de cette anamorphose. Comme les deux précédents livres de Sébastien Bredel, Place forte et Fauteuil de Bacon, un conte du naufrage et du frêle désastre, de l'envoûtement et de la dépossession de soi. Dans l'Ecume des jours de Boris Vian, les murs rétrécissent et Chloé, aux poumons parasités par un nénuphar, étouffe peu à peu. Dans le roman de Sébastien Bredel au contraire, c'est le trop-plein d'espace d'une villa apparemment vide, qui détruit les personnages, et se révèle semblable à une "plante carnivore". Un couple de parents emménage dans une bâtisse isolée; le malaise installe aussitôt ses propres meubles. La mère écrit des lettres à son fils sur l'impossible conquête de la maison et sur l'anéantissement de leur volonté. Les pièces ont leur propre autonomie, dit-elle, chambre forte, bunker, salon, cave, tourelle, laboratoire... chacune avec son propre tempérament, sa propre "saison". Et chaque sensation éprouvée bascule dans la fiction. Les lettres de la mère ont des caractères "comme tombés ou bombardés sur la page, de sorte que celle-ci pouvait ressembler à un cimetière détruit, tombes éventrées et croix renversées". C'est le fils, dans un désordre orchestré (les paragraphes, courts, numérotés, semblent suivre le fil de la plume), qui raconte. Et voilà le récit qui oscille entre le dicours oblique, retranscrit des lettres, et le texte des fils. Ce fils, qui, dans une pièce lui aussi, écrit, ou tente d'écrire sa thèse sur Foucault, le penseur de l'enfermement carcéral et de la folie. Il décrit un processus d'aliénation : qu'éprouvent ses parents, sont-ils devenus fous? Et lui, quelle sorte d'enfant est-il? La chronique de la tentative d'habitation est aussi une entreprise de démolition d'une relation perdue.

Villa Bunker parle ainsi du vertige et de l'effacement de la mémoire ("Nous nous souvenons d'une chose et pour nous remémorer cette chose nous empruntons différents chemins, de sorte que chaque souvenir nous conduit à la même chose et en même temps, si nous réféchissons bien, chaque nouveau souvenir nous éloigne de cette chose.") D'une histoire sans fin ou plutôt dont la fin est cachée quelque part dans le livre, comme une clé qui ouvre sur une pièce condamnée. De notre imaginaire d'enfant et de "sujet" moderne. Car notre modernité recèle de lieux virtuels et fantastiques, toujours plus immatériels et mouvants. La découverte progressive de la maison démesurée par ses occupants - ou plutôt ses occupés - se substitue à la découverte d'un continent, d'une île dans les romans d'aventure, ou d'une planète dans les romans de SF. Et c'est aussi leur propre intériorité que les personnages se retrouvent à défricher, jusqu'à la folie. On ne sait jamais ce qu'ils vont trouver ou fantasmer d'une pièce à l'autre : le piano inutilisé de la mère, "emmailloté dans ses épaisseurs de couvertures grises", "pachyderme blessé, condamné au silence sous la camisole poussièreuse", ou des débris inquiétants, comme dans cette immense pièce vide du salon qui rappelle les ruines d'une "ville rasée par les bombes". L'un des plus beaux passages peut-être du livre raconte les retrouvailles avec le vieil appareil-photo, qui ne pourra même plus servir à authentifier le réel, cahque photo devenant, une à une, peau morte.

L'anamorphose, quelle métaphore plus juste de l'écriture? Villa Bunker comme chambre de l'écrivain en alchimiste.



Chloé Brendlé, Le Matricule des anges, n° 108, nov-dec 2009



Notre existence est-elle conditionnée par notre habitat? Ce dernier devient-il une projection de nos névroses, une cartographie de notre inconscient? Ce sont les thèmes qu'aborde Sébastien Bredel dans un roman étrange et méticuleux, Villa Bunker. Un couple de retraités s'installe dans une maison juchée sur une falaise."Nous voyons une maison et nous savons immédiatement quel type d'existence est possible dans cette maison", prévient le narrateur dès la première page. De fait, comme sous l'emprise d'une fatalité, la vie des deux protagonistes va aboutir à un enfermement physique et mental.

Cela commence par une tentative d'apprivoisement des lieux. Ils visitent la demeure dont ils ne parviennent pas à comprendre la structure: chaque pièce, dont la température et la lumière varient, forme une sorte d'îlot auquel on peut accéder par différents chemins. Le nombre d'objets augmente à mesure qu'on s'éléve dans les étages. Ils trouvent au centre de la villa une pièce condamnée "comme une chambre forte dans un bunker", dans laquelle ils ne peuvent entrer. Au fil de leurs visites, ils ont l'impression que la maison, dans laquelle on entend des bruits, s'agrandit...

Incapables de dresser les plans permettant de réaliser des travaux, les deux prisonniers vont devenir étrangers l'un à l'autre, s'isoler dans leur folie. Le mari s'installe dans une tour et passe ses journées à prendre des photos qu'il sème partout dans la maison. La femme cultive des plantes qui transforment la demeure en jardin botanique oppressant et dévorent la lumière. Contrainte de tuer ses créatures, elle va découvrir dans une pièce un enfant, auquel elle trouve des ressemblances avec son fils, dont elle s'est coupée.

Troisième roman de l'auteur - après Place forte (2002) et le Fauteuil de Bacon (2007) -, Villa Bunker est un croisement inattendu entre La Maison des feuilles, de Danielewski, et l'univers géométrique, obsessionnel, que développait Robbe-Grillet dans La Jalousie. Un écrivain à suivre.


Fabrice Lardreau, Transfuge, décembre 2009.



Une maison hantée par l'écriture


Dans Villa Bunker, le narrateur imaginé par Sébastien Brebel dessine une architecture fantastique dans laquelle se perdent ses géniteurs.


Dans ce récit au titre surprenant, Sébastien Brébel ampute un lieu par essence familier, une maison, de sa réalité banale et rassurante. Il s'agit en fait d'une bâtisse qu'on peine à définir mais dont la présence s'impose néanmoins avec force. Un couple, soit la mère et le père du narrateur, y emménage. L'endroit est isolé au bord de la falaise. Les deux parents, pourtant désireux d'y vivre, le jugent d'emblée inhabitable. Un malaise s'installe. Ce sont d'abord les dimensions des lieux qui les indisposent: le salon, par exemple, est si grand qu'il ressemble à un « hangar d'aviation ». N'ont-ils pas l'impression de se trouver parmi « les décombres dans une ville complétement en ruines, rasée par les bombes »? Les pièces du haut, en revanche, sont de dimensions minuscules. On les dirait faites pour des nains. Les parents sont amenés à constater qu'il y a, « en passant d'une chambre à l'autre, des différences de luminosité et de température si importantes qu'ils ont l'impression de changer de saison ». De prime abord, semblant vidée de ses meubles, la maison se révèle vite emplie d'objets abandonnés, ici des vêtements féminins, là un vieux veston sur une chaise... Des portes dérobées donnent sur des espaces improbables. D'autres s'ouvrent sur une série de cellules comme il en est dans une prison ou à l'asile. Un petit escalier ne mène nulle part. Les voilà comme prisonniers d'une architecture maudite.


Trois registres d'écriture.


De qui tient-on toutes ces informations ? Villa Bunker est construit de manière complexe : la mère du narrateur écrit à son fils des lettres au sujet de la maison tout en lui faisant part de sa perplexité. À ces lettres, le lecteur n'a pas accès. Elles lui sont restituées de manière oblique tandis que leur destinataire – le fils – avoue ne jamais les avoir décachetées. Il prend toutefois le temps de noter que les mots écrits sur l'enveloppe « sont de plus en plus gros, de plus en plus difformes, des mots qui ressemblent à des paquets de nerfs et des métastases ». Sa mère est-elle folle?

Les phrases, longues, mêlent trois registres d'écriture : celui du père, du fils et de la mère. Cette trinité demeure indissociable, uniquement séparée par des virgules sur la page qui autorisent une certaine respiration. Cela crée à la longue une sensation d'étouffement. Par ailleurs, depuis dix ans, le narrateur n'écrit pas sa thèse sur Michel Foucault : « J'accumulais des piles de notes et de remarques savantes, déclare-t-il, dans ses livres que je ne pouvais plus distinguer de moi. » Le fils narrateur ne vit-il pas, en définitive, le processus même de l'aliénation de soi décrit par Foucault dans son Histoire de la folie à l'âge classique ? Il est sans doute aussi question d'une enfance perdue, d'une mère inconsciemment castratrice (plus elle écrit, plus le fils constate son impuissance à s'exprimer) qui tricote d'éternelles fictions, y compris sur le dos de sa progéniture. Villa Bunker questionne l'effacement de la mémoire tel qu'il se manisfeste dans la maladie d'Alzheimer. Ce livre, d'un inquiétante maîtrise frôlant le fantastique à la Borges, peut être aussi une métaphore de l'écriture elle-même, enfermée dans ses labyrinthes.


Muriel Steinmetz, L'Humanité, 24 décembre 2009


Son

Sébastien Brebel, Villa Bunker, Andrée Mercier ''Ça fait partie des détails qu’il faut impérativement percevoir''. Le dispositif du déchiffrement chez T.Viel & S. Brebel




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