— Paul Otchakovsky-Laurens

Fabriquer une femme

Marie Darrieussecq

Fabriquer une femme raconte l’entrée dans la vie adulte de deux amies adolescentes, Solange et Rose. Ce sont les années 80 du siècle précédent, en province dans le Pays basque, à Bordeaux, puis à Paris. Deux destins à la fois liés et différents, Rose fera des études de psycho et restera fidèle à Christian, son premier amour ; Solange multipliera les aventures, enceinte à quinze ans, elle accouchera d’un petit garçon dont ses parents devront s’occuper, et suivra une carrière plus ou moins réussie d’actrice. Marie Darrieussecq écrit avec un réalisme audacieux, parfois cruel, le grand roman de l’apprentissage...

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La presse


Matériaux et outils de Marie Darrieussecq

Alors que paraît « Fabriquer une femme », titre qui semble récapituler à lui seul le travail de l’écrivaine, parcours dans une œuvre remarquable inaugurée voilà bientôt trente ans.

Combien faut-il de livres pour amener un écrivain, une écrivaine, au faîte de sa maîtrise? Il y a les milliers de textes lus, bien sûr, et ceux qui constituent sa propre bibliographie. Fabriquer une femme est le vingtième que Marie Darrieussecq publie chez P.O.L depuis Truismes (1996). Un chiffre rond pour un roman dont l’écrivaine reconnaît qu’il n’est « pas loin du bilan ». On y retrouve Rose et Solange, amies depuis l’enfance, héroïnes de La Mer à l’envers (2019) pour l’une, de Clèves (2011) et Il faut beaucoup aimer les hommes (2013) pour l’autre. A partir de leurs 15 ans, l’histoire est racontée du point de vue de la première puis de la seconde, chacune incarnant la construction d’un certain type de destin féminin, « avec un petit côté Jane Austen », explique en souriant Marie Darrieussecq au « Monde des livres ». L’autrice confie avoir équitablement distribué des éléments de son autobiographie entre Rose, « la bonne élève » (née dans un milieu plus bourgeois que sa copine, elle poursuit des études, se marie et fait des enfants à l’âge attendu avec son amour de jeunesse), et Solange, « plus punk » (le roman s’ouvre avec la découverte de sa grossesse, en classe de seconde). Tout au long du livre, on retrouve thématiques, obsessions et interrogations qui courent à travers son œuvre, dont de nombreuses études universitaires se font l’écho, renseignant Marie Darrieussecq sur son propre travail. L’autrice du Pays (2006) nous escorte obligeamment dans une promenade en ses contrées littéraires avec quatre arrêts pour admirer la vue.

Femmes

Fabriquer une femme aurait déjà pu servir de titre à Truismes. Ce premier roman, dont la narratrice oscillait entre le corps d’une humaine et celui d’une truie, racontait comment s’effectue le dressage à la féminité par l’administration constante de violences, dont son héroïne n’avait pas conscience. Marie Darrieussecq se souvient qu’il est né de sa colère de jeune femme, et était à ses yeux un texte assurément féministe, même si elle s’est toujours méfiée des pièges du roman à message - « Je n’ai surtout pas de leçons à donner à mes personnages. »

Avec le recul, Marie Darrieussecq estime avoir eu « énormément de chance d’écrire en tant que femme », et de surgir sur la scène littéraire en même temps qu’ « une bande de très bonnes autrices, avec Christine Angot, Virginie Despentes, Lorette Nobécourt... ». D’autant plus que le succès de Truismes lui a offert d’emblée « un statut hyperprivilégié dans un monde de domination masculine ». Elle n’oublie pas les glorieuses sherpas, « Nathalie Sarraute, Marguerite Duras, Simone de Beauvoir », mais souligne : « Il restait tellement de choses à dire, de récits à produire sur l’envers du monde auquel on avait accès... C’était très excitant. »

C’est au début des années 2000, cependant, qu’elle se penche plus précisément sur la théorie féministe et y trouve des concepts qui l’« aident à vivre ». A la même époque, elle écrit Le Bébé (2002), qui s’attache à l’expérience concrète de la maternité si souvent laissée hors champ - il lui vaut des volées de bois vert, qui la font rire aujourd’hui, « comme ce journaliste pour qui [elle aurait] mieux fait de jeter le manuscrit avec les couches de [son] fils ». Clèves, pour sa part, est un extraordinaire roman du corps adolescent, qui se collette sans rougir aux règles et fluides en tout genre - tout en explorant la question du « consentement » et des « zones grises » quelque six ans avant #me-too. En renouant avec Solange et Rose pour Fabriquer une femme, elle explique avoir voulu mettre au jour « la somme d’injonctions qui pèsent sur les jeunes filles, et comment elles doivent se conformer au programme imposé ».

Au fait, croit-elle en une « écriture féminine » ? Après avoir longtemps résisté à cette idée et « à ce qu’elle peut avoir d’essentialisant », Marie Darrieussecq dit : « Il existe une écriture qui a dû réfléchir des deux côtés du patriarcat, et inventer une langue à elle. Même si je ne serais pas capable de la définir précisément. »

Langage

Le rapport entre les mots et l’expérience, ce qu’ils en disent et ce qu’ils en cachent, la manière dont la réalité est à la fois désignée et façonnée en retour par le langage, en particulier les clichés... Voilà la matière que travaille Marie Darrieussecq depuis Truismes. L’emploi de « fabriquer » dans le titre de son nouveau roman est assez exemplaire, avec ce verbe qui « dit bien la part d’artifice mais aussi de bric et de broc, à partir desquels il faut faire ». L’âge auquel elle saisit Rose et Solange, dans le prolongement de Clèves, la passionne aussi en ce qu’il est un temps d’apprentissage linguistique, avec le maniement balbutiant des « grands mots » — « je me revois essayer "narcissisme" ou "charismatique" un peu n’importe comment ».

Indissociable du langage est la question du malentendu, dont se nourrit l’œuvre de Marie Darrieussecq. Dans Il faut beaucoup aimer les hommes, il semblait être le socle même de la passion amoureuse, en l’occurrence celle de Solange et du réalisateur Kouhouesso. Il n’est pas moins central dans Fabriquer une femme, qu’il ait trait à la sexualité (presque toujours affaire de méprise, arythmie, ratage) où à l’amitié entre Rose et Solange. Elles ne sont jamais si proches que quand elles ne sont pas ensemble. Marie Darrieussecq note : « C’est un lien très solide entre les gens, le malentendu, même si on passe sa vie à vouloir l’aplanir ou le défaire. »

Fantômes

L’œuvre de Marie Darrieussecq est hantée. Les spectres y sont chez eux, à leur aise, admis officiellement depuis son deuxième roman, Naissance des fantômes (1998), où une femme confrontée à la disparition de son mari voyait surgir les susnommés esprits. Dans Le Pays, il était question de l’hologramme d’une grand-mère morte et d’une « maison des morts » faisant office d’attraction touristique. Une présence invisible mais bien réelle planait autour du berceau du Bébé ; la narratrice de Tom est mort (2007), après avoir perdu son enfant, guettait ses manifestations depuis l’au-delà; on croisait un appartement parisien hanté dans La Mer à l’envers. Dans Fabriquer une femme, les parents de Solange ont perdu un garçon avant elle, auquel fait peut-être signe Thierry, le fils qu’elle a adolescente, garçon à la présence spectrale, vaguement effrayante.

Si Marie Darrieussecq estime que l’écriture est une « disponibilité aux fantômes », elle n’interdit pas de relier, en partie, cette conception à une donnée de son histoire, la mort d’un frère né avant elle, ainsi qu’au silence ayant entouré cette perte vécue par ses parents. Il n’était pas question pour elle d’écrire directement à ce sujet du vivant de son père. Celui-ci est mort au printemps 2023.

Personnages

Fabriquer une femme fait donc revenir les personnages de trois livres précédents. Rose et Solange (qui portent les prénoms que l’autrice aurait voulu donner à ses filles, si son mari ne s’y était pas opposé) tiennent le haut du pavé, mais il y a aussi leurs parents, copains, ceux qui viennent du village de Clèves et ceux que Solange rencontre à Bordeaux puis à Paris, à Londres et à Los Angeles, où elle fait carrière comme actrice...

Marie Darrieussecq assure qu’elle a, « vers 40 ans » - au tournant des années 2010, donc, estimé qu’il lui fallait se créer « une réserve de personnages ». Elle prétexte (sans qu’on la croie vraiment) la « flemme d’en créer des nouveaux » : « Je manque un peu d’imagination », jure-t- elle. Surtout, elle a beaucoup de plaisir à faire avec « la boîte de Playmobil » ainsi à sa disposition, et s’amuse à les « ressortir en fonction des besoins ». Elle projette déjà de faire revenir Kouhouesso à Clèves, « en tant qu’homme noir dans un village tout blanc », songe aussi à rappeler Thierry, le fils de Solange, ainsi qu’Emma et Gabriel, les enfants de Rose. Elle se prépare surtout à « régler son compte » à Arnaud, qui fut jeune homme une sorte de tombeur du village, « le salaud, le gagnant du système hétérosexuel ». Toutes ces perspectives semblent la mettre en joie.

Raphaëlle Leyris, Le Monde des Livres, 12 janvier 2024



À la recherche de la vie idéale

De l’adolescence à la maturité, l’amitié et le parcours de deux femmes, la sage Rose, psychologue, et l’éruptive Solange, actrice.

Deux héroïnes en miroir Rose et Solange, deux amies du même village du Sud-Ouest. Deux destinées suivies jusqu’à la quasi-maturité. Se succèdent leurs points de vue respectifs sur la même tranche de temps. C’est expérimental sur le vif. Et mené sur le fil du rasoir, surtout dans le cas de Solange.

On commence par la vie de Rose, son grand amour pour Christian, camarade de lycée, fiancé, mari. La sécurité en somme, même si Christian n’est pas vraiment très magnétique. Après divers boulots, il finit dans l’immobilier mais se voulait poète. L’amant est précaire. Long dépucelage marathon. Chris- tian manque de fermeté. Rose rêve « d’un corps dur, massif à la Rodin qui s’abatte sur elle comme la guerre ». Elle croit le trouver avec Marcos qui a vécu, qui tient un bar, fume des pétards, connaît les méridiens, les souffles et lance des harangues libertaires. Il a du répondant en tout. Mais finalement brutal et décevant. Il n’y a que Cendrillon et son prince qui soient ajustés, pile poil, par le soulier de vair. Rose sera psychologue, secourable, elle a un sens divinatoire et un fluide réparateur. Elle commence par travailler avec des jeunes filles anorexiques qui s’entaillent le corps. Marie Darrieussecq sait décrire avec une crédibilité implacable les affres, les abîmes de la vie. Mais Rose a beau avoir la vocation et son grand amour indéfectible, ça ne l’empêche pas de s’ennuyer dans sa province et une existence sans éclat. Son mariage avec Christian est un morceau flaubertien, pluvieux, piteux. Rose admire et envie son amie Solange qui semble avoir décroché le pompon.

Frôler les dieux


Et c’est parti pour cette seconde héroïne, plus douée, plus souple, plus pressée de s’en sortir. Armée, séduisante. Mais enceinte à 15 ans, sans doute d’un voisin gentil qui meurt rapidement. Voilà pour le décollage raté. L’auteur dépeint l’épouvante de l’adolescente qui vit sa grossesse comme la pire des solitudes, comme une mort sociale, amoureuse, existentielle, coupée des autres qui continuent à cavaler au gré de leur jeunesse capricieuse. L’accouchement va durer vingt-quatre heures. C’est un supplice, un crescendo des tortures vécues férocement du dedans et décrites sans ellipse. Solange découvre que « le monde est une énorme machine suppliciante ». Elle ne s’occupera jamais de son fils. Elle s’en sortira par la passion du théâtre à Bordeaux, et une carrière d’actrice fragile à Paris, Londres et Los Angeles.

Solange, à la différence de son amie Rose stabilisée, traverse les plus grandes douleurs et les plus jolies voluptés. Elle est abonnée aux pics, aux transes, aux tourbillons. Comme sa vie amoureuse avec Brice, un Antillais souple et soyeux. Enfin la féerie, le vrai charme dans une boîte de travestis qui s’adorent. Le sida vient casser le paradis. Mais la vie repart aux Bains Douches, puis en Californie, grandes soirées clinquantes où fricotent des fricassées de stars pour de vrai. Mais sans jamais décrocher le grand rôle. Une silhouette, une réplique avec Huppert, une phrase dans un film de Godard. Frôler les dieux.

Terrible loterie

Une troisième partie réunit Rose et Solange et leurs deux familles, à Los Angeles, à l’occasion d’un film. Qui a gagné le pari de la vie idéale? Laquelle des deux a bien joué et réussi son coup? On se pose cette question souvent par rapport aux copines et copains de lycée. C’est rarement tout blanc ou tout noir. C’est une loterie terrible. Le sauve-qui-peut de nos vies. Tout le monde assiste donc à la grande première du cinéma à Hollywood, pleine de surprises!

Marie Darrieussecq possède une écriture prompte et spontanée, avec des prouesses dont le portrait de Solange frappante au théâtre, entre le texte et la vie. Elle danse : « Et elle devient la fille exacte posée sur les notes... Ses jeunes hanches la tiennent solidement debout sous les lasers, par la cambrure précise de ses reins. » Marie sait danser dans sa phrase. Elle possède le fluide et l’empathie de Rose et les ruptures de rythme de Solange au bord des gouffres. On lit son roman avec passion, dans tous les sens du mot.

Patrick Grainville de l’Académie française, Le Figaro Littéraire, jeudi 11 janvier 2024.



L’une joue, l’autre pas

Démonter son sujet comme on le fait d’une mécanique complexe afin d’en comprendre les plus infimes rouages. C’est ainsi, presque en maître horloger, que Marie Darrieussecq procède dans son dernier roman, « Fabriquer une femme ». Titre trompeur car l’écrivaine ne se penche pas sur une mais sur deux femmes, Rose et Solange, héroïnes récurrentes de son œuvre : Rose, la psychologue au grand cœur qui tente de venir en aide à un migrant dans « la Mer à l’envers » ; Solange, la gamine frondeuse de « Clèves » devenue actrice dans « Il faut beaucoup aimer les hommes ». A moins que ces deux amies qui ont toutes deux grandi dans le petit village de Clèves, au Pays basque, ne fassent qu’une, chacune étant une possibilité, un avatar de la même personne dans différents multivers. Quoi qu’il en soit, Marie Darrieussecq remonte le temps, reprend ses personnages à l’endroit où on les avait quittés dans « Clèves » - l’adolescence, dans les années 1980 - pour les mener jusqu’à l’âge adulte, dépliant les étapes de cette mue chaotique afin de mieux saisir comment on devient femme à défaut de naître telle. L’histoire nous est d’abord contée du point de vue de Rose, enfant de la classe moyenne, bonne élève et incorrigible romantique. Eprise de Christian dès le lycée, elle s’entraîne à parfaire sa signature de future femme mariée. Quelle ado n’a pas rempli ses cahiers de ces lignes d’écriture énamourées ? Marie Darrieussecq à l’art de restituer le détail, le « punctum » dirait Barthes, qui réveille immédiatement les souvenirs de son lecteur - et surtout de sa lectrice. Puis vient la version « selon Solange », comme on le dirait d’un Evangile. L’écriture se fait plus rapide et heurtée, à l’image du parcours de Solange, enceinte et mère à 15 ans (« Le bébé ressemble à l’interro du lundi mais toute la vie »). Elle sort en boîte sept nuits sur sept à Bordeaux puis à Paris, aux Bains Douches, avec son ami-amant Brice. Elle court les castings, les squats et les petits boulots, couche avec Prince, croise Bowie chez Kenzo, mais rêve de rencontrer Francis Huster. Suivront Londres et enfin Los Angeles. Pour l’une et l’autre, les années passent, scandées par la chute du mur de Berlin, le sida, internet qui remplace le Minitel... Rose et Solange éprouvent aussi dans leur chair la domination masculine dans ses innombrables variations : exhibitionnisme, agressions sexuelles... C’est de tout ça, nous montre admirablement Marie Darrieussecq, qu’est faite une femme, de cet assemblage fragile de déterminismes et de choix. Un alliage dont la romancière fait de l’or.

Élisabeth Philippe, L’Obs, 11 janvier 2024



Le destin de deux copines ados que tout oppose, dans des années 1980 reconstituées avec grande justesse.


Balzac, aussi, aimait de livre en livre ressusciter certains personnages. Non que Marie Darrieussecq, 55 ans, ait son ambition d’écrire une Comédie humaine, juste, peut-être, de densifier quelques-unes de ses héroïnes sœurs sous de nouvelles complexités. Ainsi se retrouve-t-on à Clèves, la bourgade de son enfance réinventée, au Pays basque. Ainsi redécouvre-t-on deux amies adolescentes, Rose, la jeune bourgeoise sérieuse, et Solange, la dévergondée aux parents divorcés et paumés. On les avait rencontrées à d’autres moments de leurs existences dans Clèves (2011), Il faut beaucoup aimer les hommes (2013), La Mer à l’envers (2019). Elles ressurgissent dans la France bordelaise et parisienne des années 1980, via le Londres de Margaret Thatcher. La sexualité s’est libérée mais est apparu le sida. Les jeunes nés après Mai 68 apprennent à militer contre la loi Devaquet (1986) mais dansent aux Bains Douches. De ses, drôles de paragraphes informels et pourtant sculptés, de son écriture sonore et visuelle, si magiquement enracinée dans l’endroit, l’époque qu’elle décrit, Marie Darrieussecq dit admirablement la France urbaine et néorurale des années mitterrandiennes, les désarrois et extravagances d’une génération aux lendemains qui ne chanteront plus, au « progrès » défunt.


Enceinte et mère célibataire à 15 ans – après une scène d’accouchement d’apocalypse... –, Solange se rêve comédienne hollywoodienne. Et se bat, même si elle a tout d’une victime: pauvreté, enfant handicapé qu’elle préférerait mort. À travers ses yeux et ceux de Rose, bientôt psychologue et sage mère de famille mariée à son amoureux de lycée, se jouent, au fil des pages, deux destins de femme d’avant #MeToo – il n’y a pas si longtemps – quand règnent encore avec superbe machisme et patriarcat. Féministe ardente, Marie Darrieussecq ne nous épargne rien de leurs tourments, un peu les siens en ces temps-là ? Son dernier roman est une sorte d’incantation à un devenir féminin en marche, mais toujours fragile. Mises en miroir sans concession, Solange et Rose sont amies sans rien de commun entre elles. Sauf cette angoisse, ce désir farouche de rester vivantes, à l’abri des crises et séismes de nos aujourd’hui.


Solange tourne désormais à Los Angeles, où la terre menace sans cesse de trembler. Comme tout tremble, déjà, dans ce monde incertain. À la première très mondaine du film où l’a dirigée son amant acteur et cinéaste, elle ne se voit pas à l’écran, coupée au montage sans avoir été prévenue. Heu- reusement que Marie Darrieussecq donne violemment chair aux invisibles. Et grâce. Et résistance.


Fabienne Pascaud, Télérama, 13 au 19 janvier 2024.

Agenda

Vendredi 1er mars
Marie Darrieussecq à la librairie Folies d'encre

Librairie Folies d'Encre
9, avenue de la Résistance
93100 Montreuil
01 49 20 80 00

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