« Ils avaient mis le Je au monde, sans un cri, sans un souffle. En essayant d’agir, de produire un ordre, ils le plongèrent dans l’eau de neige et le forcèrent, malgré tout, à vivre. Sans un cri, dans la dissolution de tous les détours, enfoncé dans un système désigné à ce Je persistant. » (Katrin Kölher)
Dire je est une solidarité est un livre collectif de 21 contributions poétiques qui explorent toutes sortes de dérèglements des usages de la parole, de l’écriture – des dérèglements produits volontairement ou par accident. « Il y a bien des phrases détruites qui sont toujours des...
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« Ils avaient mis le Je au monde, sans un cri, sans un souffle. En essayant d’agir, de produire un ordre, ils le plongèrent dans l’eau de neige et le forcèrent, malgré tout, à vivre. Sans un cri, dans la dissolution de tous les détours, enfoncé dans un système désigné à ce Je persistant. » (Katrin Kölher)
Dire je est une solidarité est un livre collectif de 21 contributions poétiques qui explorent toutes sortes de dérèglements des usages de la parole, de l’écriture – des dérèglements produits volontairement ou par accident. « Il y a bien des phrases détruites qui sont toujours des phrases », affirme Luc Bénazet dans sa présentation, et qui résistent aux usages, accueillent d’autres désirs de dire. Cet assemblage expose dans leur variété des façons de dire je face aux grands mots d’ordre, aux grandes forces mentales, sociales et collectives de ce monde. Elles répondent de la violence existentielle, sociale, lorsque l’affrontement au malheur historique rencontre ce qui ne peut pas être articulé. Alors naissent des formes pour dire je, seules et solidaires.
Plusieurs textes sont traduits de différentes langues (anglais, suédois, allemand), et d’auteurs contemporains dont le travail reste souvent à découvrir. Certains d’entre eux n’avaient jamais été encore traduits en français, par exemple Katrin Köhler (allemand), Dany Hayward (anglais) ou Iman Mohammed (suédois). D’autres textes proviennent d’oeuvres plus anciennes, souvent inédites en français : c’est le cas d’Aleksei Krouchenykh (russe, début du 20e siècle), de Patrizia Vicinelli (italien, années 60), d’Hannah Weiner (anglais, années 70 aux U.S.A). D’autres textes enfin ne sont pas issus du champ culturel, mais d’archives, d’ateliers collectifs ou de publications sans signature, recueillis par Luc Bénazet.
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