« Mes parents ne voulaient pas me raconter ce qui leur était arrivé en France pendant la guerre. Mais leur passé était aussi le mien. De quel droit osait-on me le cacher ? Alors, au printemps 1968, je suis partie enquêter en France, à Tours. Je ne savais pas que ce printemps-là serait bousculé par une révolte étudiante et une grève générale. Et je ne me doutais pas que j’allais tomber amoureuse... et que je voyagerais jusqu’en 1942. »
L’Amour à temps réussit le tour de force d’entraîner le lecteur dans deux histoires parallèles mais à deux époques différentes, avec la même...
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« Mes parents ne voulaient pas me raconter ce qui leur était arrivé en France pendant la guerre. Mais leur passé était aussi le mien. De quel droit osait-on me le cacher ? Alors, au printemps 1968, je suis partie enquêter en France, à Tours. Je ne savais pas que ce printemps-là serait bousculé par une révolte étudiante et une grève générale. Et je ne me doutais pas que j’allais tomber amoureuse... et que je voyagerais jusqu’en 1942. »
L’Amour à temps réussit le tour de force d’entraîner le lecteur dans deux histoires parallèles mais à deux époques différentes, avec la même héroïne ! Inspiré du modèle d’Outlander, la célèbre série télévisée américaine dans laquelle en 1945, une infirmière de guerre se retrouve transportée dans le temps dans l’Écosse révoltée de 1743. Ici, Rachel, étudiante canadienne à l’université américaine de Tours (Indre et Loire) en 1968, enquête sur son passé familial, jusqu’à effectuer un extraordinaire voyage dans le temps sous l’Occupation pendant la Seconde Guerre mondiale, à Tours également.
C’est un roman d’aventures fantastique qui voit la protagoniste « parachutée » en 1942 pour lui permettre de dénouer, avec un art du suspense consommé, non seulement les énigmes familiales mais également notre compréhension du présent. « Parce qu’il ne faut pas laisser les récits de haine et les mensonges devenir les récits dominants. »C’est un roman historique et féministe, soigneusement documenté, dans lequel les événements de mai 1968 permettent de relire l’Occupation à travers la vie quotidienne et la résistance des femmes, qui furent longtemps passées sous silence. C’est enfin une véritable romance, une émouvante histoire d’amour entre deux personnes mais… appartenant à des époques différentes.
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Le Tours des ombres
Le médecin féministe et romancier publie L’Amour à temps, une fiction inspirée du réel, dont le cœur se situe dans la Touraine sous l’Occupation.
D’emblée, Martin Winckler prévient : sa nouvelle fiction est une histoire qui « prend son temps », dont la puissance se dessine tranquillement au fil de l’intrigue. Si l’ouverture, au moment de l’arrivée des troupes allemandes à Tours, en 1940, laisse entrevoir un roman de guerre, avec son lot de bibliothèques incendiées, de soldats français malades et de tirailleurs sûrs de se faire massacrer, le récit se transforme rapidement en une enquête menée par une narratrice qui a grandi dans le silence de ses parents, Elle s’appelle Rachel, mais aurait pu s’appeler Maurice si elle avait été un garçon. Tout comme ses deuxième et troisième, Margaret et Yvonne, ces prénoms sont un hommage « à des amies très chères » de ses parents, qui aiment se surnommer « Judy Darling » et « Bill Dear ». La mère est née en France, de parents juifs ukrainiens ; lui à Montréal, sous un nom de famille, Guillebaud, fréquent au sud-est de Tours et en Angleterre... Entre souvenirs de chants militants fredonnés tout bas, propos flous rapportés par des proches et trésors exhumés d’archives officielles et personnelles, apparaissent Maggie, Yvonne, Madeleine, ainsi que Maurice D’Alget, interne en médecine et futur résistant qui, ce 16 juin 1940, sauve la vie du caporal algérien Amar Amrouche. Mais ici, ce sont les femmes les héroïnes. Des battantes qui ont embrassé le combat pour le droit des femmes dans cette seconde moitié de XXe siècle. Leurs voix et leurs actes courageux tiennent debout en bout L’Amour à temps, livre qu’on devine intimement précieux pour l’auteur, et qui le devient pour nous.
Gladys Marivat, Lire Magazine, mars 2026.
L’Amour à temps de Martin Winckler : une histoire d’amour en deux temps
Martin Winckler emprunte les codes du fantastique pour raconter une histoire d’amour qui transporte littéralement le lecteur dans deux temporalités : 1968, puis 1942. La santé des femmes, l’engagement féministe et l’Histoire, qui sont ses thèmes de prédilection, se mêlent habilement dans L’Amour à Temps.
Martin Winckler le revendique : il ne cherche pas à faire de l’art avec des mots, il raconte des histoires. L’Amour à temps en est l’illustration parfaite. Il s’agit d’une histoire, d’une histoire d’amour avant tout, mais aussi de l’histoire des femmes et de leur lutte durant des décennies pour disposer librement de leur corps, sans envolées lyriques, mais avec une recherche documentaire foisonnante.
Après un prologue qui se passe en juin 1940, L’Amour à temps se déroule dans une longue première partie en 1968 à Tours. Rachel, une étudiante canadienne de l’université américaine de Stanford, séjourne dans l’antenne française, Stanford-in-France, qui a réellement existé entre 1960 et le milieu des années 70. Ses parents se montrent très peu bavards sur les années qu’ils ont passé en France et en Angleterre durant la seconde guerre mondiale. N’obtenant pas de réponse à ses nombreuses interrogations sur le passé familial et se heurtant à un mur de silence, elle compte profiter de son séjour à Tours pour enquêter.
Un article de Caroline Martin à retrouver sur la page de Benzine Mag.