Début des années 60, Bernard et Alex sont deux frères mais n’ont pas le même nom. Bernard s’appelle Appelbaum, et son père fut déporté à Auschwitz en 1942. Alex s’appelle Zygleman, et son père, qui partait à New York rendre visite à sa soeur Esther, a trouvé la mort en 1949 dans un avion qui s’est écrasé aux Açores, avec le boxeur Marcel Cerdan. Leur mère a aimé les deux hommes dans une histoire qui rappelle celle de Jules et Jim. Le soleil descendra derrière la montagne est leur roman. C’est Alex qui raconte, tout en lisant les lettres que son frère lui adresse depuis New York, maintenant qu’il enseigne...
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Début des années 60, Bernard et Alex sont deux frères mais n’ont pas le même nom. Bernard s’appelle Appelbaum, et son père fut déporté à Auschwitz en 1942. Alex s’appelle Zygleman, et son père, qui partait à New York rendre visite à sa soeur Esther, a trouvé la mort en 1949 dans un avion qui s’est écrasé aux Açores, avec le boxeur Marcel Cerdan. Leur mère a aimé les deux hommes dans une histoire qui rappelle celle de Jules et Jim. Le soleil descendra derrière la montagne est leur roman. C’est Alex qui raconte, tout en lisant les lettres que son frère lui adresse depuis New York, maintenant qu’il enseigne là-bas la littérature française. Robert Bober crée un bouleversant emboîtement de récits qui se font écho, un peu dans la tradition hassidique, entre fiction et vérité.
C’est un roman d’initiation, et une quête à travers les souvenirs, les archives du passé, avec ses absences, ses disparitions. « Lorsque la réalité vécue ne nous parvient que par bribes, nous sommes contraints de faire appel à l’imaginaire ». Les deux enfants ont connu un certain Robert (tiens, tiens…) sur le tournage du Jules et Jim de Truffaut. Et Alex, qui apparaissait déjà dans un roman de Robert Bober (Berg et Beck), veut ici devenir journaliste et raconter des histoires. Celles « de l’autre côté de la rue », et celles, plus intimes, dont nous ne savons presque rien, et que pourtant nous devons raconter. C’est, par exemple, le voyage à Auschwitz qu’entreprendra Bernard pour y retrouver la photo de son père. Le romancier devient lui-même un formidable et émouvant archiviste qui tente par la fiction de trouver l’ordre dans lequel accéder à une mémoire blessée, pour que la vie se libère.
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