Paris, fin 1999 : Doisneau, webfrime et ndombolo. Dans cette histoire de rencontres, les personnages incarnent de gros sujets de réflexion comme le choc des générations, des cultures, de l’avenir et de la mémoire, et davantage encore pour qui voudra. Car ce roman est ambitieux. Si tant est qu’en 1999, de la Porte de Montreuil à Saint-Germain-des-Prés, de simples rencontres aient pu revêtir un caractère universel. Si tant est qu’aujourd’hui, ce roman soit en droit d’attendre de son ambition qu’elle change le monde.
Jouant avec des références, Nicolas Fargues prend un malin plaisir à multiplier les situations emblématiques d’une modernité tardive et ennuyée, de ses révoltes calibrées, de ses rêves inoffensifs et de ses insoumissions convenues. Par là, il rejoint la meilleure part d’une littérature française contemporaine illustrée par Benoît Duteurtre, Michel Houellebecq, Jean-Marc Prasis, François Tailladier et Stéphane Zagdanski. Le goût des situations cocasses et un sens aiguisé de la critique sociale : ce n’est peut-être pas suffisant pour faire figure de parfait magicien du verbe, mais c’est assez pour dire l’inanité et la tristesse du temps techno-marchand où nous sommes.
Le Figaro, 11 janvier 2001
Demain si vous le voulez bien, de Nicolas Fargues, tire le portrait de notre époque bobo avec brio, sur un mode satirique et ludique. Faux artistes, vrais fats, néo-prolétaires, ex-soixante-huitards, webfrimeurs et gauchistes idéalistes, Nicolas Fargues s’amuse d’eux, et nous avec, avec un sens de la dérision mâtiné d’une tendresse qui lui évite de déraper vers le revanchard. Bref, un roman ambitieux et qui a du chien.
Elle, 2 mai 2001
Au fil des rencontres, des idylles ou des ruptures, des renoncements ou des réussites, Nicolas Fargues, nous offre, avec ce « vrai roman » plus que le portrait d’une génération désenchantée, une fresque férocement drôle sur notre société.
Le Monde, 9 mars 2001