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La tête en arrière   

Violaine Schwartz

Elle est chanteuse lyrique. Sans travail, depuis des mois et des mois.
Elle prépare une improbable audition pour jouer dans La Voix humaine de Poulenc, elle tourne en rond avec sa petite fille, dans sa grande maison, trop grande pour eux trois, une maison qui appartient à sa belle-famille, vous verrez, c’est la maison du bonheur, leur a-t-on dit en leur remettant les clés. Et aussi : il faudra penser à purger les radiateurs et tondre la pelouse et une maison pleine de phrases et de choses à faire, dans laquelle ils flottent, trop d’escaliers, trop de pièces mortes, elle se dissout dans le papier peint, elle s’égare dans les fissures du plafond, et les problèmes matériels prolifèrent comme les pucerons dans le jardin, quelle chance d’habiter là, les...

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Violaine Schwartz

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La presse

La tête en arrière

Le monologue délirant d'une cantatrice borderline. Un premier roman délicieusement névrosé.

Page blanche, trou noir. C'est la tête qui part en arrière sous le poids des angoisses. Depuis qu'elle a emmenagé dans sa nouvelle maison, la voix du texte, une cantatrice au chômage légèrement borderline, a de plus en plus d'absences, et sa vie de moins en moins de sens. Seule avec sa petite fille dans cette maison trop vaste, la « maison du bonheur » comme le lui serinent les anciens propriétaires, la jeune femme manque de repères, s'égare et divague, s'acharnant vainement à répéter pour une audition de La voix humaine, l'opéra de Poulenc adapté de l'œuvre de Cocteau. Comme la pièce de Cocteau, La Tête en arrière est un monologue. Un soliloque à la deuxième personne où le « tu » schizophrène donne le la de cette partition paranoïaque. Très vite, la mélodie du bonheur se met à sonner faux. L'illusion se fissure comme les murs de la maison, laissant voir l'araignée au plafond : « Ton cerveau n'est que pièces morts, où stagnent pensées croupies, rêves à l'abandon, projet avortés. »
Le récit bascule alors dans l'absurde. Parce que l'argent manque, la chanteuse sous-loue son sous-sol à un Gabonnais et projette sur cet homme des fantasmes troubles qui tournent au délire de persécution. Elle se perd en conjectures qui donnent lieu à un croquis surréaliste et à divers jeux typographiques : les blancs pour signifier les absences ou des capitales pour souligner l'énormité des élucubrations de la diva dévastée, persuadée que son locataire appartient à la « MAFIA GABONAISE ». Comédienne et chanteuse, Violaine Schwartz fait preuve d'audace avec ce premier roman écrit comme d'un seul souffle, à la limite de la syncope. La langue nerveuse et répétitive pourrait rebuter, mais ce phrasé obsessionnel fait corps avec la folie douce du personnage. l'écriture devient rengaine hypnotique, valse folle et désaxée. Un petit ovni littéraire, drôle et délicieusement névrosé.

E.P., Les Inrockuptibles, 1er septembre 2010

« Ton cerveau n'est que pièces mortes, où stagnent pensées croupies, rêves à l'abandon, projets avortés  pièces mortes, tête morte, balayée de courants d'air, envahie d'herbes folles. » Recluse dans un pavillon de la banlieue parisienne, une cantatrice glisse doucement vers la folie. Tout a commencé par la perte brutale de sa voix, de son chant, au cours d'une représentation du Carmen de Bizet, dont elle jouait le rôle-titre, sur une scène prestigieuse. Elle tente bien d'identifier l'origine du mal, essaie de revenir à sa passion, en préparant sans enthousiasme une audition pour La voix humaine du tandem Cocteau-Poulenc, mais le cœur n'y est pas. À la manière de motifs musicaux, toute son attention va désormais se centrer, et de plus en plus exclusivement, sur des détails du quotidien : pucerons tenaces sur les rosiers, couches de sa fille, tuyau défectueux, poupée maléfique, araignée au plafond, factures non réglées. Le tout, sans variations, « La cantatrice hirsute » part à la dérive.
Petit à petit, la maison du bonheur dont elle rêvait devient celle du malheur. Et puis, il y a cet intriguant Africain, à qui elle a loué une pièce du pavillon, celui qui « bouscule tous les repères » et dont elle surveille les allées et venues. L'ensemble, mené à vive allure, jusqu'au tourbillon final, prend des airs de mélodie grinçante, inharmonique, mais littéralement ensorceleuse. Une belle illustration de ce que Giorgio Manganelli appelait « le bruit subtil de la prose », et un coup d'essai lyriquement réussi.

Thierry Clermont, Le Figaro, 2 septembre 2010

Agenda

le 24 septembre
Violaine Schwartz à Manosque (04)

15 heures
Manosque (04) - place Marcel Pagnol.

http://www.correspondances-manosque.org/

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Le samedi 11 septembre
Violaine Schwartz à la Fondation Cartier

à 21h
Fondation Cartier
261, Bld Raspail
75014 Paris
http://fondation.cartier.com/

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le 25 septembre
Violaine Schwartz à Manosque (04)

Manosque (04)  - Hotel Voland

http://www.correspondances-manosque.org/

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Le 16 septembre
Violaine Schwartz à l'Atelier

le 16 septembre à 20 heures

Librairie l'Atelier
2 bis rue du jourdain
75020 PARIS

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jeudi 7 octobre
Violaine Schwartz à Strasbourg

 Rencontre de 17h30 à 19h

Librairie Kleber
1 rue des Francs Bourgeois
67000 Strasbourg

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30 septembre
Violaine Schwartz à la Villa Gillet (Lyon)

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Vidéolecture


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