Asparagus   

Fred Léal

Frédéric Léal a effectué, comme médecin, son service militaire à Cayenne, dans la Légion. Ce fut l’objet de son premier livre : Selva. Il revient sur cette période, avec un roman cette fois, qui raconte un fait divers sanglant où négligence et manque de moyens sont cause d’une tuerie entre légionnaires. Mais avant cela il y a une belle histoire d’amitié. Et puis, surtout, comme toujours, chez Frédéric Léal, un humour ravageur ne cesse d’illuminer ces pages.

 

 

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Fred Léal

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La presse

Fantaisie militaire

Fred Léal narre les turpitudes d’un jeune soldat français envoyé en Guyane. Un texte habité d’une folie douce

Son passage par l’armée a inspiré à Fred Léal un premier roman, Selva !, récit déjanté d’un banquet de légionnaires, qui semblait ne pas avoir assez de l’espace de la page pour se répandre en caquetages et bouffonneries. Asparagus, un peu plus de dix ans plus tard, reprend le principe de cette forme éclatée, accomplie dans le désordre a priori le plus total, pour nous conter la suite des aventures du narrateur. Appelé Rod, du moins par la femme qui vient de le quitter, l’aspirant médecin effectue son service militaire en Guyane où il entretient des liens d’amitié avec un jeune vétérinaire.

Leur complicité a pour terrain la vie de garnison, ponctuée d’ennui, de remontrances (le général, dit « Pinochet »), de missions absurdes et de démêlés avec la faune locale (mygales, jaguars et autres insectes porteurs d’aimables infections). Côté détente, reste le choix entre Dumbo projeté au ciné de Kourou ou une biture au rhum. Les souvenirs du narrateur, mêlés à son expérience de jeune médecin en France, campent un vaste tableau de la misère, lié d’un côté aux fléaux de la colonisation, de l’autre à ceux de la marginalité en Occident. Léal accole deux réalités et cela crée un triste mélange, un élixir un peu amer, entre « le bordelissime imbroglio des soins adaptés aux personnes maintenues en dessous du seuil de pauvreté », et « la pauvreté des habitants du fleuve, les ravages causés sur leur santé par les nombreux toxiques qu’ils ingèrent ou qui polluent l’eau, le manque patent d’avenir dilué dans la gnôle, les dettes, l’asservissement à notre joug – glourp ! »

Asparagus est un drôle de livre qui parvient à concilier esprit farceur, railleries sur le corps militaire et constat ethnographique accablant. Les mots en liberté, ces savoureux décrochages, allègent le texte, offrant par leurs gags en forme d’acrobaties sémantiques, leur sens élastique de l’humour, une voix qui n’aime rien tant que les marges et est peut-être capable d’exorciser ces « tristes tropiques ».

Emily Barnett, Les Inrockuptibles, 20 novembre 2013


Vidéolecture


Fred Léal, Asparagus, Fred Leal Asparagus octobre 2013




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