Stéphane Bouquet avait achevé ce texte avant de mourir le 24 août 2025, et l’avait remis aux éditions P.O.L, après la parution de Tout se tient, en avril 2025.
« La femme et l’homme de cette pièce ne vivent pas une histoire. Ils font une proposition : mettre le silence en partage au milieu de la petite ville de bord de mer où ils se sont installés. Ils voudraient que le silence soit facile d’accès, gratuit, collectif, ouvert. Ce que l’économie politique appelle : un bien commun. Ils croient tous les deux que le silence est une tâche démocratique : ils veulent créer une micro-utopie dans un monde livré entièrement au...
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Stéphane Bouquet avait achevé ce texte avant de mourir le 24 août 2025, et l’avait remis aux éditions P.O.L, après la parution de Tout se tient, en avril 2025.
« La femme et l’homme de cette pièce ne vivent pas une histoire. Ils font une proposition : mettre le silence en partage au milieu de la petite ville de bord de mer où ils se sont installés. Ils voudraient que le silence soit facile d’accès, gratuit, collectif, ouvert. Ce que l’économie politique appelle : un bien commun. Ils croient tous les deux que le silence est une tâche démocratique : ils veulent créer une micro-utopie dans un monde livré entièrement au profit. La valeur silence ne rapporte rien, elle est simplement une joie gratuite. »
Stéphane Bouquet
Selon une tradition médiévale, Adam et Ève ont habité le paradis pendant six heures. Six heures plus tard, Lui et Elle vivent ensemble. Ils sont peut-être un couple ou un ancien couple. Ils semblent chercher une façon de vivre qui les rendent heureux, ou qui au moins les apaise. Ils croient à l’utopie, même s’ils ne savent pas ce qu’elle est ni où elle se trouve. Ils déménagent. Ils cherchent un autre monde, une autre piscine, d’autres draps propres, une chambre donnant sur la nuit pure. Mais peu à peu, à force de parler, à force de faire confiance au langage, ils découvrent un monde. En risquant un espace, un lieu, un paysage, une communauté qui pourraient les accueillir, ils finissent par comprendre que cet endroit serait quelque chose comme le droit au silence. Le dialogue de Lui et Elle invente d’autres façons de converser, de saluer le monde convenablement : courir vers les ânes car il y a quelque chose à leur expliquer, dire la lumière qui gratte la tête, la direction du silence qui masse le ventre, jusqu’à devenir le silence lui-même, dire l’idée de l’île. Maintenant ils y sont, dans l’île-en-face, la seule adresse qu’ils ont toujours voulu avoir.
Une lecture théâtrale de ce texte est en cours de réalisation par le metteur en scène Robert Cantarella.
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