Le Roman d’un lecteur   

Jean-Benoît Puech

Ce livre est un recueil de dix récits. Les neuf premiers se présentent comme des articles critiques sur des romans peu connus, où l’intrigue, la narration, le romanesque même l’emportent sur le commentaire. Le dixième prend la forme d’une brève autobiographie de l’homme qui a écrit les neuf « comptes rendus » précédents. Cette autobiographie finale, qui semble sincère, devrait permettre de comprendre pourquoi le critique a choisi de nous faire connaître des œuvres certes attachantes mais pourtant mineures au regard de plus grandes ou de plus célèbres. On voit bien que ces aventures de genres très divers, du roman policier à la fable...

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Jean-Benoît Puech

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La presse

« On peut donc aussi penser que le titre est une antiphrase et qu’il signifie que le héros a bien du mal à décider quoi que ce soit lui-même » On ne pouvait mieux dire ! Le titre de ce livre suggère d’entrée que la lecture risque d’être embrouillée : quel roman ? quel lecteur ? Quelle va être la bonne distance avec le narrateur, avec le narrateur du narrateur, avec le lecteur, avec le lecteur du lecteur, avec les récits du roman, avec le roman ? Vous me suivez ? Reprenons. Ce livre de Jean-Benoît Puech est composé de dix récits : les neuf premiers sont des notes critiques de lectures sur des romans et le dixième est une courte autobiographie de l’auteur (« Adieu, roman ! ») La lecture commence avec enthousiasme, avec une certaine impatience surtout que le premier texte, « Femmes que j’ai tuées », respire l’atmosphère de roman policier. Mais, par exemple, des retours en arrière dans chacun des récits ne tardent pas à annoncer ce qui nous attend : on a affaire soit à des poupées russes, soit à une polyphonie, soit à un rêve, soit au palais des glaces à la fête foraine ! On ne sait plus très bien qui est qui. Choisissez ! Par exemple, considérons le rêve. II n’y en aurait qu’un (pourquoi pas celui-ci : « écrire un "roman réaliste" » !) et un contenu différent serait produit à chaque épreuve nouvelle de narration, selon les récits de l’ouvrage. II suffit de pas grand-chose, « une autre syntaxe, un nouveau lexique », pour que le texte du rêve s’en trouve modifié tant à l’intérieur que dans la note de lecture suivante et ainsi de suite. Chacune donne à Puech l’occasion de nous glisser ses réflexions, ses interrogations, il le fait au-dessus de notre épaule comme pour nous guider dans le labyrinthe des miroirs. L’auteur nous prend à témoin ou nous rend complice : c’est ça qui nous fait aimer ce livre malgré cet étourdissement. En fait, est-ce que ça ne pourrait pas être cela un roman ?


Gérard Albisson, Revue des deux mondes, juin 2013



Invention fabuleuse : telle est la définition du mot fiction proposée par le Dictionnaire de l’Académie française dans son édition de 1787. Cette définition, il n’était peut-être pas mauvais de la rappeler, le roman français contemporain n’offrant que de trop rares occasions de s’en souvenir... Jean-Benoît Puech, lui, en éprouve la douloureuse nostalgie. Dans le Roman d’un lecteur, il s’afflige de « la perte de la crédulité littéraire » et, dans une postface en forme de confession, avoue son impuissance à mettre en forme dans un « roman total » la somme des expériences, des figures, des paysages et des songes que la vie lui a procurés. Mais il ne faut pas ie prendre au pied de la lettre. Ce roman total, cette fiction totale, Puech les a livrés en pièces détachées, si l’on peut dire, roman après roman, fiction après fiction, et cela depuis son tout premier livre, la Bibliothèque d’un amateur (1979), auquel celui-ci fait d’ailleurs écho. Qu’est-ce que le Roman d’un lecteur ? Neuf essais de critique littéraire au sujet de neuf romans imaginaires dont les auteurs, non moins imaginaires et extrêmement différents les uns des autres, sont à l’évidence autant d’avatars de Puech lui-même, le tout composant un autoportrait poétique et chimérique. Mais, au-delà la virtuosité de son auteur, la riche matière de ce livre étonnant illustre et exalte quelque chose de très important, quelque chose qui a peut-être été perdu, à savoir cet esprit du jeu sur lequel est fondée la civilisation occidentale et dont Puech, liseur fanatique des romans du Signe de Piste et de Karl May, fait une merveilleuse machine à inventer un monde meilleur. Meilleur car, nonobstant les drames, les crimes et les chagrins qui l’animent, rutilant des couleurs juvéniles de l’honneur et de la fidélité.


Michel Marmin, Spectacle du Monde, juin 2013



Vidéolecture


Jean-Benoît Puech, Le Roman d’un lecteur, Le Roman d'un lecteur 28 mars 2013




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