La première édition de ce livre est parue en mars 2015.
Le Kâmasûtra, ou « versets du désir », est découvert au XIXe siècle à Bombay par un anglais érudit, officier de l’armée britannique en Inde, sir Richard Burton. Sa traduction très (trop) orientalisante a scandalisé l’Angleterre victorienne, a façonné mais surtout faussé notre réception de ce texte énigmatique, du IVe siècle probablement.
Avec cette nouvelle traduction, le Kâmasûtra se révèle être une grammaire des mœurs et du désir, décrivant une existence sensuelle,...
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La première édition de ce livre est parue en mars 2015.
Le Kâmasûtra, ou « versets du désir », est découvert au XIXe siècle à Bombay par un anglais érudit, officier de l’armée britannique en Inde, sir Richard Burton. Sa traduction très (trop) orientalisante a scandalisé l’Angleterre victorienne, a façonné mais surtout faussé notre réception de ce texte énigmatique, du IVe siècle probablement.
Avec cette nouvelle traduction, le Kâmasûtra se révèle être une grammaire des mœurs et du désir, décrivant une existence sensuelle, théâtralisée, à coups de formules souvent comiques, de ruses, de syllogismes, de recettes ou de techniques diverses, et de poèmes. Une idéalisation sophistiquée de la comédie de mœurs qui nous plonge dans la mélancolie d’un monde perdu ou imaginaire. Ce texte de l’antiquité reconnaît l’homosexualité, ainsi qu’un « troisième genre », subvertit les lois patriarcales en donnant souvent aux femmes l’initiative économique et sexuelle, décomplexe le recours à la prostitution.
Le Kâmasûtra est une parodie de la grande tradition du savoir indien. Il existait des traités aussi bien sur la religion, les arts, que les éléphants, la magie, le jardinage… La logique, une des premières sciences de l’Inde, est appliquée dans ce livre, de façon obsessionnelle, à la vie domestique, la décoration, la séduction, le sexe. Le réel devient l’objet d’une liste infinie. Notamment les fameuses « positions » qui trahissent une forme d’emballement poétique, ironique autant qu’érotique. Comment organiser sa vie en cultivant la recherche du plaisir, cause des plus grands désordres intimes et collectifs ? Ce traité de mœurs pour de jeunes citadins nobles (les nagaraka) reconnaît que le désir est impossible à dompter : « exactement comme un cheval fou ». Parvenu à la fin de son enseignement, en avouant drôlement qu’il ne parviendra jamais à en venir à bout, le sage propose en dernier recours d’user de la magie et sa pharmacopée. Pour conclure avec un éloge… du renoncement.
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